
Les prix de l'or et de l'argent ont grimpé comme prévu. Le pétrole, qui était pourtant en situation de surachat, continue, lui aussi, à s'apprécier. Il ne s'agit ni de reprise économique, ni de spéculation sur les matières premières. La raison de cette ascension des prix est simple, les investisseurs anticipent une nouvelle phase d'inflation monétaire via le dollar et probablement l'euro. Le prix des biens tangibles commence à traduire ce mouvement stagflationiste. Encore une fois, on ne sortira pas de la crise de la dette sans la noyer dans la création monétaire. C'est une issue inéluctable et les allemands eux-même commencent à se rallier à cette analyse. Pour en avoir la preuve, il suffit d'observer le clash entre le président de la Banque Centrale d'Allemagne et Angela Merckel.
Mais la montée des prix ne suffira pas à tuer la dette. Seule une augmentation équivalente des salaires en monnaie courante est capable d'accélérer le désendettement global des pays occidentaux. Si un deuxième tour salarial ne se manifeste pas, le prix des biens augmentera par l'inflation monétaire mais les acteurs économiques n'auront ni les moyens suffisants pour les acheter, ni l'argent nécessaire pour assumer une fiscalité en forte augmentation. Le cas des grecs est significatif en la matière, il faudrait que la monnaie dans laquelle ils doivent de l'argent se déprécie fortement et que leurs salaires grimpent d'autant pour que leur dette diminue vraiment. Nous devrons toutefois attendre quelques années et la reprise chez les émergents pour que les produits fabriqués à bas coût chez les émergents augmentent significativement car seule la montée de nos indices des prix, dans lesquels leurs produits sont surpondérés, autorisera une accélération des salaires en occident. Cette justification par les indices viendra appuyer des revendications sociales qui ne peuvent que croitre avec l'évolution de la crise actuelle. L'ensemble des acteurs du monde économique et politique aboutira au même constat : si la compétitivité sur les salaires permet de donner un avantage concurentiel aux pays qui la pratiquent, elle revient à mettre en place un jeu à somme nulle lorsqu'il est pratiqué par tout le monde. La montée des salaires devient mon anticipation principale pour les prochaines années et ce, malgré un chômage élevé.
Bonne semaine !
Jean Christophe Bataille
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