La roupie indonésienne a chuté à son plus bas niveau depuis 1998, lorsque le pays a été renflouée par le Fonds monétaire international. La monnaie indonésienne a plongé de 13,3% cette année, ce qui la range au palmarès des devises les moins performantes d'Asie après la Malaisie. La dévaluation du yuan chinois au mois d'août alimente les spéculations et la guerre des devises. Un phénomène qui contribué à la baisse de la roupie.

Cette dépréciation vient au mauvais moment pour le gouvernement.
La dette nationale s'élève à 300 milliards $, près d'un tiers du PIB. Les obligations libellées en dollars US ont perdu 3,9% au cours des trois derniers mois.
La banque américaine JP Morgan Chase & Co estime que les entreprises sont dans un cercle vicieux, avec la hausse de leur dette privée, la baisse des recettes et l'effondrement du prix des actifs.
D'après les données de la Banque Centrale la dette privée culminerait à 169.7 milliard $.

Les sociétés cotées sur l'indice boursier de Jakarta ont essuyé environ 22 milliards $ de perte depuis fin juin, soit 24% de plus que l'année précédente, selon Bloomberg.

Le JKSE, indice boursier de 300 entreprises indonésiennes cotées a nettement régressé depuis un an.
Des entreprises menacées par le risque de change
PT Astra International, qui assemble et vend des voitures pour Toyota, a la plus grande exposition liée au taux de change avec 3,5 milliards $ de roupies.
PT Indofood Sukses Makmur, le fabricant de nouilles instantanées est le plus grand débiteur de change étranger, avec une exposition de 1,7 milliard $. 75% des créances aux banques et aux investisseurs sont libellées en roupies.
Pour certains spécialistes, il encore prématuré de parler d'une crise
Il pensent que le plongeon de la roupie peut être une bonne chose pour le commerce extérieur. La baisse des prix pourrait d'avantage dynamiser les exportations et favoriser la croissance économique à long terme.
Globalement les dettes des entreprises indonésiennes est un problème de longue date. Une gestion aléatoire et une accumulation de déficits ont creusé leur exposition au dollar ou à l'euro.