Toute la question est de savoir ce que le Forex anticipe aujourd’hui à un an. L’inflation monte moins vite que prévu aux USA et la hausse des taux courts pourrait être reportée à septembre, ou plus tard encore. La Banque Centrale Européenne a mis en place jeudi un Quantitative Easing plus important que prévu car la dépréciation actuelle de l’euro n’est que l’anticipation de son action non conventionnelle sur une monnaie qui était devenue trop forte. Toute déception à ce niveau aurait catapulté l’euro vers le haut, ce qui ne pouvait qu’alimenter la désinflation et faire redouter une évolution déflationniste.
L’inflation américaine est très dépendante de la politique européenne car elle importe de la désinflation des pays avec lesquels elle commerce. La monétisation européenne annoncée jeudi dernier est par conséquent haussière pour le dollar car elle augmente les anticipations d’inflation américaine. Nous n’avons en revanche que peu d’éléments de prévision sur la cinétique de remontée de l’inflation en Europe au cours de son Quantitative Easing car les perspectives sont devenues très basses après les atermoiements des opposants à celui-ci.
La paire EUR USD est, on le voit, très sensible à toutes les décisions monétaires des deux cotés de l’atlantique et je suis donc resté extrêmement prudent dans les prises de position EUR USD durant le discours de Mario Draghi. J’ai commencé à shorter lors du break out à 1.1458 lorsque le cross a pris une direction claire et quand l’ensemble des décisions de la banque centrale ont été énoncées. Le caractère survendu de la paire m’incite aujourd’hui à reprendre position à petit pas après la liquidation de mon ancien compte devenu beaucoup trop gros pour rester chez des brokers fragilisés par la décision récente de la Banque Nationale Suisse. Je pense que si la BCE avait déçu, une remontée de la paire EUR USD de plus de 400 pips était possible en une semaine. Ceux qui connaisse mal le Forex n’ont probablement jamais vécu ces mouvements violents qui peuvent laminer un compte mal géré. Ils sont fréquents lorsque la tendance est mal établie et je profite de cet article pour le rappeler.
Le pouvoir de persuasion de Mario Draghi au sein du conseil des gouverneurs a finalement convaincu les pays du nord que toute déception sur le programme à venir, fixé pour deux ans, aurait pu faire remonter le cross jusqu’à 1.35 durant 2015, en anticipation d’une déflation européenne. Ce niveau pour l’euro n’aurait fait qu’accentuer la déflation. J’ai donc scallé EUR USD de façon prudente avec des positions de 0.5 lots, en écartant beaucoup mes positions au début. J’ai les ai resserrées ensuite lorsque la tendance s’est établie. Les quelques lignes situées au dessus de 1.13 sont des sells limits destinés aux reprises techniques à venir du cross. Les toutes dernières lignes ont été prises dans un sursaut technique.

L’Australie subit de plein fouet la chute des matières premières, son économie ne va pas très bien, son immobilier est en crise, ses taux d’intérêts sont encore relativement élevés et le président de la banque centrale australienne s’est plaint à plusieurs reprises du taux de change trop élevé de AUD. Le Quantitative Easing Européen met la Reserve Bank of Australia au pied du mur dans la guerre des monnaies qui sévit sur la planète. Je pense donc qu’elle va finir par abaisser ses taux courts et adoucir sa politique monétaire pour la mettre en cohérence avec celle des continents qui pratiquent actuellement la monétisation. C’est pourquoi pour inaugurer le nouveau compte dédié à Futures, j’ai pris des positions short sur le dollar australien dans la foulée de la réunion de la BCE. Sur le graphe AUD USD, le scalling a été plus immédiat, plus serré, plus volontaire et le nombre de positions a été plus important que sur EUR USD.

En toute transparence, dans le cadre du challenge du blog, le compte Futures, commencé il y a deux jours avec 100000 euros, possède à cet instant 21 positions short AUD USD à 0.5 lots, soit 1050000 $, et 15 positions short EUR USD de 0.5 lots, soit 750000 $. Ces positions sont toutes positives. Le levier du compte est donc de 1 : 18. Il a généré 22572 euros de plus-values pour 1167 euros de pertes en optimisation et sécurisation de prises de positions pour un profit total de 21406 euros. Le compte évolue donc actuellement autour de + 21 % de plus-values et possède un capital total de 121406 euros.

La suite risque de nous réserver de nouveaux rebondissements. Prudence !
Bonne semaine !