
Le Monde, qu’on imagine sans mal un peu éberlué, titre l’information d’un frugal« Injustice fiscale : pour Mélenchon, la France est « en 1788 » » … Oui, vous avez bien lu : pour nos paléo-communistes restés coincés en 1788, et bien que nous nous trouvions actuellement en France dirigés par des socialistes, depuis le Sénat jusqu’aux principales villes de France en passant par l’Assemblée Nationale, les départements, les régions et bien évidemment, la présidence, nous subissons l’injustice fiscale ! Et alors qu’on aurait pu s’attendre à un indéfectible soutien de la part d’un ex-socialiste ayant rejoint opportunément les rangs des néo-fossiles de gauche, ou, au moins, à ce qu’il conserve le silence gêné qu’il avait prudemment gardé jusqu’à présent pour éviter de dire d’énormes bêtises électoralement coûteuses, le voilà qui décide, pouf, comme ça, de prendre la tête d’une manifestation pour réclamer une baisse de la fiscalité !
Oui, vous avez bien lu : le
« L’augmentation de la TVA va coûter en moyenne 428 euros par an pour une famille de quatre personnes. Cela va porter sur les médicaments non remboursables, les maisons de retraite, la consommation d’électricité, les transports. »

Cette fois-ci, c’est différent : Jean-Luc, peut-être touché par la grâce fiscale, découvre que l’usine-à-gaz fiscale française fait trop de dégâts pour qu’on puisse la laisser continuer ainsi sans rien faire. Selon lui, …
« Il faut donc établir un impôt universel et juste. Et abolir les privilèges. Tous les efforts reposent sur la classe moyenne. »Sacré classe moyenne qui n’occupait pas beaucoup le discours du baronnet jusqu’à présent mais qui semble maintenant mûre pour sa gouaille et ses emportements de tribun ! Et pour la rallier à sa belle cause anti-fiscalité délirante, quoi de mieux qu’un« impôt universel et juste » ?

Et au fait, Jean-Luc, par abolition des privilèges, qu’entends-tu ? Parce que la liste est, véritablement, longue. Et les libéraux sont depuis longtemps favorables à cette égalité devant la loi qu’un type comme toi redouterait très vite : finis, par exemple, tous les avantages numéraires ou en nature, auxquels un élu peut prétendre. Finis les corporatismes ; en France, il y en a des paquets, tu sais, Jean-Luc. Finies les différences de traitement pour les syndicalistes, les hommes politiques, où qu’ils exercent, qui qu’ils soient… Serais-tu vraiment prêt à renoncer à tout ça, Jean-Luc ?
J’en doute. En tout cas, tout comme toi, le NPA, le parti des néo-fossiles communistes, a compris qu’il ne pouvait pas laisser monter la grogne sans tenter une petite récupération politicienne des familles :
« Il est grand temps que convergent les luttes contre l’austérité »Oh, qu’il est mignon que le NPA et les partis extrêmement gauches réclament ainsi la « convergence des luttes » contre la fiscalité, qu’ils appellent de leurs vœux que les mouvements épars se rassemblent pour demander, enfin, une baisse drastique de cette fiscalité qui est devenue plus qu’étouffante, carrément mortelle !
Seulement voilà : à l’évidence, la récupération de la grogne antifiscale va se heurter à quelques problèmes pour nos étatistes débridés qui se lancent dans un combat qu’ils n’ont pas du tout l’habitude de mener.
Par exemple, comment concilier les revendications d’une baisse des taxes alors qu’on veut aussi, comme tout bon anticapitaliste, un bon gros État bien joufflu, bien dodu, bien présent un peu partout pour protéger la veuve, l’orphelin et le député européen qui aurait un peu de mal à trouver un job productif dans une vraie entreprise privée ? Où va-t-on trouver les fonds pour financer la belle Générosité Avec l’Argent Des Autres dont nos leaders communistes se barbouillent joyeusement les babines en se rassemblant ainsi devant Bercy ?
Par exemple, comment amalgamer cette grogne avec les chevaux de bataille habituels des éternels adolescents ? Comment ne pas pouffer lorsqu’on lit ce qui suit ?
« Il est grand temps que convergent les luttes contre l’austérité, pour une fiscalité anticapitaliste contre l’écotaxe et la hausse de la TVA, pour l’interdiction des licenciements et l’arrêt des expulsions des sans-papiers »Notez qu’en ajoutant le Combat Contre Les Méchants et la Défense pour des Lolcats Plus Soyeux, le tableau était complet, mais indépendamment de ces hypothétiques ajouts, on se demande ce qui peut bien fédérer la lutte contre la fiscalité délirante, l’interdiction des licenciements et l’arrêt des expulsions d’immigrants illégaux.

Mais voilà : lui, comme d’autres, a bien compris que cette grogne monte, doucement mais sûrement. Lui comme d’autres sent l’odeur d’une révolte qui se prépare. Et lui comme d’autres voudrait bien en tirer quelques bénéfices électoraux.
Attention, Jean-Luc : la manœuvre est délicate, la ficelle est grosse, et la déception du peuple qui arrivera, inévitable, au bout de la route de servitude socialiste emportera tout sur son passage, toi compris.