
A votre avis, lequel de ces deux retraités est le plus heureux ? Attention, l’image est trompeuse.
L’argent mais pas seulement
Virgil, résident d’un patelin de l’Iowa, est conducteur de car scolaire, barman une fois par semaine, tout en faisant de la menuiserie lors de son temps libre.
« Il faut que je reste actif. Je ne peux pas m’assoir », sourit le retraité. Et les revenus supplémentaires sont les bienvenus.
Aux US, l’histoire du retraité Virgil Hermsen est banale. Plus de 50 % des personnes âgées de 60 ans et plus projettent de travailler – au moins à temps partiel – lors de leurs retraites. Ce sont les conclusions d’un récent rapport émis par le Transamerica Center for Retirement Studies (voir ci-dessous).
Certains de ces retraités travaillent pour l’argent. Ainsi, pour 28 % des sexagénaires, c’est une obligation alimentaire. Mais 40 % d’entre eux poursuivent le travail pour d’autres motifs : la raison est qu’ils aiment ça !
Un phénomène qu’a constaté Larry Mc Clanahan, conseiller financier de Portland, dans l’Oregon, auprès de certains de ses clients. L’un d’entre eux, un joaillier, a repris du service à 70 ans et travaille à mi-temps pour ses anciens employeurs. Un autre, le jour de la retraite venue, n’a pas pu tenir plus de quelques semaines loin du travail. A 62 ans, il ne se sentait pas prêt.
Bien entendu, le premier bénéfice pour un retraité qui reste en activité est financier. Pourtant, d’autres avantages - et non des moindres - sont à prendre en compte. Pour Steve Bonin, 59 ans, un de ces avantages réside dans la flexibilité.
Les bénéfices d’une retraite active
Après une carrière de 36 ans chez le chimiste DuPont, jalonnée par de nombreuses fonctions y compris managériales, Steve Bonin a accepté un plan de départ en pré-retraite. Une retraite dont il n’a pas profité une seule seconde, préférant se faire embaucher tout de suite chez Hickey and Associates, une société spécialisée dans l’accompagnement des entreprises pour leurs choix d’implantations.
La seule différence est que notre pré-retraité travaille à temps plein… depuis chez lui. Une chance pour sa femme qui ne le voit partir que pour des réunions ponctuelles. Il en rigole encore : « Ma femme n’était pas tout à fait prête à me voir 24 h / 24 à la maison ! » Fort heureusement, Steve Bonin a aménagé un bureau pour ne pas rester dans les pattes de son épouse.
Une retraite active n’offre pas seulement des avantages au niveau de la santé conjugale. Mais offre aussi des bénéfices en termes de santé physique et mentale.
Les études le montrent : ceux qui prennent leurs retraites de manière brutale sont plus sujets à des troubles psychiatriques, du type dépression, ainsi que physiques, telle l’obésité.
Dépression et obésité
Une étude d’un think tank basé à Londres, The Institute of Foreign Affairs, a passé à la loupe les données d’un sondage réalisé dans 11 pays d’Europe, auprès de 9 000 personnes, âgées entre 50 et 70 ans. Chaque personne a été sondée deux fois à quelques années (2 à 3 ans) d’intervalles. Les chercheurs ont ainsi pu regarder les changements opérés.
Résultats : les sondés qui ont pris leur retraite au moment du premier sondage avaient 41 % de chances de développer par la suite une dépression. Cette même population de sondé a également 63 % plus de chance de voir surgir des problèmes physiques.
A l’inverse, les retraités restés en activité signalaient aux sondeurs être en « très bonne », voire en « excellente forme ».
A l’image d’un muscle, le cerveau a également besoin d’exercice. Dans un rapport de Merrill Lynch, 65 % des retraités affirment que ne pas travailler accélère la perte des capacités intellectuelles.
Savoir choisir son activité
Ceux d’entre nous qui souhaitent rester en activité, doivent bien réfléchir aux bénéfices qu’ils peuvent en tirer : socialisation avec les collègues de travail, aider les autres, manager un équipe, transmettre un savoir, etc. Ils doivent aussi se demander ce qu’ils n’aiment pas : paperasse administrative, longue période derrière un écran, etc. Une façon de cibler et d’affiner le type d’activités que l’on souhaite poursuivre à la retraite. Bref, un juste milieu pour trouver l’équilibre physique et émotionnel. De quoi vivre en bonne santé le reste de sa longue vie.
Sources : www.transamericacenter.org/docs/default-source/resources/center-research/16th-annual/tcrs2015_sr_retirement_throughout_the_ages.pdf
www.iea.org.uk/sites/default/files/in-the-media/files/Work%20Longer,%20Live_Healthier.pdf
https://mlaem.fs.ml.com/content/dam/ML/Articles/pdf/MLWM_Work-in-Retirement_2014.pdf