Le site internet Best Places in the World to Retire (les meilleurs endroits au monde pour prendre sa retraite) a interrogé 389 expatriés américains et canadiens qui vivent désormais dans trois pays - populaires auprès de ces retraités - d’Amérique Centrale : le Belize, le Nicaragua et le Panama. On a demandé à ces expatriés pourquoi voulaient-ils prendre leur retraite à l'étranger et à quoi cela ressemble-t-il.
Pour nous Français, quelles leçons peut-on tirer de ces résultats, parfois etonnants.

« Leurs attentes étaient très fortes et elles ont coïncidé avec la réalité », explique Chuck Bolotin, vice-président du site. « Prendre leur retraite à l'étranger les a rendu heureux. »
La grande révélation ? Le nombre impressionnant d'expatriés qui ont quitté leur pays à cause de problèmes liés à la qualité de vie. Des expats en quête de sens et à la recherche d’une vie moins stressante. « Le fait qu'ils recherchaient un coût de la vie plus attractif ne m'a pas surpris, » poursuit-il. « Ce qui me surprend en revanche, c’est que les questions liées à qualité de vie venaient tout juste après. »
Autre élément fascinant, c’est de voir comment de nombreux expatriés affirment qu'ils recherchent à vivre une vie comme ils s’en souvenaient, ou comme ils croyaient qu’elle était, en grandissant dans les années 50 et 60. « Une belle ironie. Ils quittent l'Amérique et vont la chercher dans un autre endroit », souligne Chuck Bolotin. « J’ai entendu maintes et maintes fois qu'ils voulaient avant tout avoir le sentiment d’appartenir à une communauté. Et bien, ils l’ont obtenu car ils connaissent leurs voisins. »
Les principales conclusions de l'enquête

Pour vous, ce sera le Belize...
Pour la plupart, ils pensaient qu’en s’expatriant ils atteindraient l’objectif de réduire le coût de la vie (87%), d’avoir une vie plus simple et moins stressante (82%) et d’avoir un meilleur climat (74%). C’est le trio de tête des espoirs des expats.
En moyenne, Ils ont réalisé deux de ces trois désirs : 84% ont affirmé qu'ils avaient atteint leur objectif en termes de coût de la vie, et 74% ont obtenu de meilleures conditions météorologiques.
« Cela indique que l’objectif de réduire le coût de la vie est réalisable. C’est un fait », remarque Chuck Bolotin. Les seuls sondés à déclarer de ne pas être parvenus à abaisser leur coût de la vie sont des Américains, qui s’obstinent à acheter… des produits américains. « Des produits, par définition, plus chers, parce qu'ils sont importés ».
Mais cette vie « plus simple et moins stressante » ne s’est pas toujours concrétisée.
Seulement 71% vivent « une vie plus simple et moins stressante », comparé aux 82% qui y aspiraient.
Les individus des pays développés, comme les États-Unis, sont habitués à avoir tout et tout de suite : quand vous appelez votre réparateur et qu’il dit qu'il sera là à 14 h, vous vous attendez à ce qu'il soit là à 14 h, et non pas à 16 h le lendemain.Cela induit un stress chez beaucoup d’entre eux. Ces expats sont frustrés.
61 % des expats ont trouvé un sens à leur vie

Le Nicaragua...
Alors que 56% pensaient atteindre « une vie moins matérialiste, ou avec plus de sens » (la raison n °4 invoquée pour une retraite à l'étranger), un pourcentage encore plus élevé y est en fait parvenu.
En effet, 61% - chiffre impressionnant - des expatriés expliquent qu'ils ont trouvé plus de sens à leur vie.
Ce qu’il en ressort, c’est que ces expatriés croient qu'ils peuvent « atteindre une vie moins matérialiste, ou avec plus de sens, à l'étranger plutôt qu’aux Etats-Unis ». L’argent ne suffit pas.
Dans le sondage, les femmes sont plus susceptibles que les hommes de trouver cette vie moins matérialiste à l’étranger. Ainsi, 2/3 des femmes ont dit qu'elles y sont parvenues, contre seulement 56% des hommes.
La grande majorité des expatriés américains dans ces pays (85%) vit plus heureuse à l'étranger, qu’elle ne l’était avant.
Un sacré pourcentage. Il faut cependant garder à l'esprit que l'enquête ne saurait inclure les personnes qui ont tellement détesté leur vie d'expats, qu’elles sont retournées dans leur pays d'origine.
Plus précisément, 56% d’entre elles expliquent qu’elles sont « beaucoup plus heureuses » et 28% sont « un peu plus heureuses ». Seulement 5% sont « moins heureuses maintenant » et 11% sont « aussi heureuses qu’avant leur départ ».
De même, 64% déclarent qu'elles jouissent beaucoup plus de leurs vies à l'étranger, que dans leurs vies antérieures.
Ce qui manque le plus aux expats

Ou le Panama.
«Les produits des pays industrialisés et le shopping » (répondent 20% d’entre eux) et «un manque d'accès aux soins de santé de haute qualité » (pour 16%). Les soins de santé ne sont en effet pas homogènes au sein de ces pays. Si les villes ont tendance à avoir quelque chose de similaire à ce qu’on trouve aux États-Unis, les zones rurales en sont dépourvues.
Pour beaucoup, c’est un aller-simple
L'enquête a révélé que 42% des expatriés n’ont aucune intention de revenir aux États-Unis, alors que 37% ne sont pas sûrs de revenir. Pour les autres, 16% prévoient de retourner en Amérique quand ils seront trop vieux ou malades, 4% ont dit qu’ils rentraient « dès que possible », et 3% veulent anticiper leur retour dans les cinq ans.
Si c’était à refaire, la quasi-totalité serait candidat au départ
Parmi ces Américains interrogés, 79% d’entre eux recommenceraient, 12% expliquent qu'ils seraient probablement du voyage. Quant aux 3% restant, ils ne seraient pas ou probablement pas prêts à repartir.
Petit conseil pour tous ceux qui envisagent de prendre leur retraite à l'étranger : Vous devez faire des recherches et bien tester les endroits susceptibles de vous intéresser avant de faire le grand saut. Car « être en vacances ce n’est pas la même chose que de vivre dans un endroit », conclut l’expert.