Ainsi, les mois qui viennent de s’écouler ont déjà apporté des douzaines de petites choses qui, si elles sont consciencieusement passées sous les radars, résolument pessimistes, des médias, n’en constituent pas moins de réels progrès qui permettront à chacun d’entre nous, où que nous nous trouvions sur Terre, d’améliorer notre quotidien.
Bien sûr, les Occidentaux se sont rapidement habitués à ce train-train quotidien de nouveautés introduites plus ou moins vite dans leurs vies. Mais même en étant blasé, difficile de ne pas s’émerveiller des centaines d’inventions, techniques et innovations développées ces douze derniers mois. La liste est longue (et un petit coup d’œil régulier à des sites comme IFLScience permet de s’en convaincre), depuis la colle spéciale pour tissus humains jusqu’aux implants de cornée qui pourront, à terme, faire disparaître les lunettes.
On peut aussi évoquer les progrès enregistrés dans le contrôle automatique des véhicules qui, progressivement, se passent de mieux en mieux de pilotes humains. Il y a bien sûr la voiture autonome, qui promet une révolution dont peu comprennent actuellement l’ampleur et les répercussions et que j’évoque ici et là, mais on trouve aussi les mêmes développements pour les avions.

Mais ce n’est finalement pas du côté des pays riches que les progrès les plus spectaculaires sont enregistrés chaque année et chaque mois qui passent. C’est dans la discrétion et une bonne dose de système D qu’on trouve les trouvailles les plus marquantes, celles qui vont modifier drastiquement la vie de milliers d’individus et les faire passer d’un situation souvent misérable avec une espérance de vie réduite à une condition plus humaine et des opportunités réelles de développement personnel.
Ici, on peut facilement citer les efforts, nombreux, de fournir des solutions pratiques et bon marché pour la cuisson en milieu fermé, que les solutions traditionnelles rendent délétère par les émanations toxiques (monoxyde de carbone, particules fines). Ce problème est par exemple responsable de plus de morts par an que la malaria, tueuse silencieuse mais pourtant fort efficace (plusieurs centaines de milliers d’individus chaque année).
Un autre problème, récurrent et de mieux en mieux résolu, est celui de l’accès à de l’eau potable. On peut citer les mécanismes simples de distillation et de filtrage d’eau, ou encore le principe « SODIS », qui permet aux habitants de pays richement ensoleillés de désinfecter leur eau de boisson en la stockant dans des bouteilles en plastique exposées plusieurs heures directement au soleil.
Il y a quelque chose d’assez réjouissant de voir qu’un bien de consommation aussi banal, aussi peu cher et aussi répandu que des bouteilles en plastique constitue un moyen efficace d’obtenir de l’eau potable dans des pays où l’infrastructure ne le permet pas aussi facilement et à un prix abordable à la population locale. Il y a, aussi, quelque chose de particulièrement éclairant de constater qu’un bien de consommation ultra-courant, qui, chez nous, n’est plus considéré comme ayant une valeur propre, a trouvé une utilité spécifique et très valorisable : combien d’heures de travail sont ainsi économisées par les individus qui peuvent maintenant boire de l’eau sans danger, s’évitant ainsi les allers-retours coûteux aux hôpitaux et dispensaires lorsqu’avant, une diarrhée carabinée se déclarait ?
De la même façon, comment ne pas se réjouir des bénéfices, immenses, apportés par quelques inventions simples pour transporter l’eau (comme celle du bidon rotatif Wello, par exemple) et qui dégagent un temps considérable aux personnes jusqu’alors occupées à cette tâche épuisante et peu gratifiante ? Comment ne pas comprendre que ces petites améliorations apportent tous les jours un gain énorme pour l’Humanité entière en permettant à un nombre sans cesse croissant d’individus de développer leurs capacités bien au-delà de ce que le même milieu leur permettait il y a seulement douze mois ?
En outre, comment ne pas voir derrière ces inventions le travail de douzaines d’humains innovants, altruistes attirés par le simple bénéfice moral d’une action bienfaisante ou industriels malins comprenant l’intérêt de développer, avec profit, des solutions économiquement viables pour ces individus ? Comment ne pas comprendre que ce sont ces actions, concrètes, qui se reproduisent maintenant tous les jours, et qui sortent, tous les jours des milliers de personnes de la pauvreté et d’un avenir bouché ? Et surtout, comment ne pas trouver dans ces innovations et ces améliorations un réel espoir pour les hommes et les femmes de bonne volonté sur cette planète ?

Mais heureusement, le reste du monde continue à tourner. Et à l’aube de cette année 2015, force est de constater qu’il tourne plutôt bien.