Petit Papa Noël, quand tu descendras du ciel, tu auras fort à faire. Il y en a, des arrêts à faire et des foyers à visiter. Déjà, tu pourras aller voir François : même si, ces derniers mois, il n’a pas été sage, il croit tout de même beaucoup en toi. Trop, peut-être. Ensuite, tu pourras visiter chacun des clowns et des sous-fifres qui travaillent pour lui. Beaucoup ne croient plus à rien du tout, ni en toi ni au reste, mais le petit air de pipeau qu’ils jouent habituellement ira merveilleusement bien avec le son tintinnabulant des grelots de ton chariot.

Petit Papa Noël, quand tu descendras du ciel, amène une cargaison de réconfort, ou, à défaut, de mouchoirs. Ces dernières années, l’État a remplacé la charité et tes petits cadeaux par une solidarité millimétrée et rigoureusement encadrée par la loi, et il n’aime pas trop la concurrence. Il te faudra aussi bien du courage à distribuer à tous ceux qui ont encore envie de travailler dans ce pays, et à ceux qui veulent vérifier si ailleurs, par hasard, l’herbe ne serait pas plus verte. N’oublie pas dans ta grande hotte des conteneurs entiers de résignation pour ceux qui restent sans le vouloir, et d’abnégation pour tous ceux qui payent sans jamais rien voir en retour.
Petit Papa Noël, il me tarde que le jour se lève sur une nouvelle ère. Malheureusement, celle qui se profile n’est pas belle à voir. Mais, Petit Papa Noël, sois cependant assuré qu’il reste encore beaucoup d’hommes et de femmes de bonne volonté. S’ils sont très silencieux, ils n’en sont pas moins lucides. Leur jour approche.
Bon Noël à tous.