Ils ne voulaient plus sacrifier leur vie au profit de quelques privilégiés.
La noblesse et le clergé représentaient ces privilégiés. Ils possédaient le pouvoir, le Roi était leur otage et ne représentait rien de concret, juste une abstraction que l’on appelle aujourd’hui l’Etat.
Les nobles, au cours des siècles, s’étaient emparés par la force physique de l’outil économique qu’était alors la terre. A la suite de combats et de tractations diverses ils avaient accepté que l’un des leurs représente l’autorité suprême, très relative dans les faits. Ils l’appelaient le Roi.
La législation était organisée dans ce sens. Inutile de dire que pour la population ordinaire il restait bien peu de place pour la liberté.
Le clergé, avant les nobles, avait compris qu’une croyance imposée pouvait avoir raison des esprits plus fortement que l’épée. Ramifié jusqu’au plus petit niveau, le clergé était autrement plus oppressif que les nobles.
Le clergé possédait, avec ces méthodes, les esprits, mais aussi pratiquement la moitié de toutes les richesses confondues du pays, terres et fiscalité. Le clergé terrifiait les esprits pour les soumettre, à l’aide de l’enfer et de la confession.
Ces deux castes, organisées en élites, ont fait l’erreur de se servir largement sans même respecter leurs propres serviteurs.
C’est ainsi qu’en 1789 ces hommes du pouvoir virent la partie basse de leurs organisations, curés de campagne et « noblions », faire naturellement alliance avec le tiers état.
Ce dernier prétendait représenter le peuple, c’est-à-dire là aussi une abstraction. En fait, comme toujours, personne ne représentait le peuple, c’est-à-dire ceux qui souffraient depuis des lustres et à qui on avait le culot de faire croire que c’était la normalité, la condition humaine.
Le tiers état était la partie de la population qui tentait de vivre au plus près des deux ordres supérieurs, peu de monde finalement.
La masse des habitants du pays était dans la merde, sans solution à portée de la main.
Et pourtant, entre le 17 Juin et le 26 Août 1789, en seulement à peine plus de deux mois, la Bastille tombait et naissait un texte que le monde entier respecte « La déclaration des droits de l’homme et du citoyen ».
En réalité la prétention de l’élite et son usure du fait d’un renouvellement inexistant l’avaient isolée de sa base, qui fit alliance avec les miséreux pour la décapiter, au sens propre du terme.
Cette déclaration des droits de l’homme et du citoyen, que prétend-elle mettre en œuvre ?
Un sacré chantier :
- Acter que les hommes sont égaux en arrivant sur terre et ont des droits.
- Ces droits sont la liberté, la propriété, la sureté et la résistance à l’oppression.
- La nation est la souveraineté, pas le peuple, nuance.
- La liberté est totale jusqu’au moment où l’on nuit à autrui.
- La loi est encadrée, elle n’est pas de droit divin et ne peut nuire à la nation.
- La loi découle du vote de tous, et tous ont le droit d’accéder à tout, pas de privilège.
- Personne ne peut être condamner autrement que par la loi qui ne doit recouvrir que des obligations nécessaires
- Tout homme est présumé innocent
- La liberté de parole et de pensée est totale, illimitée.
- La force publique est nécessaire et doit être financée par tous, qui peuvent à tout moment avoir accès aux comptes des dépenses.
- La société, donc tous, ont le droit de demander des comptes à tout agent public, qui est donc responsable devant eux.
- Et enfin, la propriété est un droit inviolable, sacré même.
L’appliquer n’a jamais été possible, le simple fait de s’en rapprocher a demandé pratiquement un siècle, pas vraiment paisible.
Aujourd’hui, les conditions me paraissent très proches de celles de la fin de la royauté.
La population ne sait pas ce qu’elle veut, mais elle sait ce qu’elle ne veut plus.
Elle ne veut plus que 80% de son apport de richesse lui soit confisqué, surtout chez les plus pauvres.
La connivence des notables, hauts fonctionnaires et grands entrepreneurs, remplace la noblesse. Elle a capté l’outil de production et ne laisse que les miettes à la population qu’elle écrase d’impôts.
La pensée unique, égalitariste, laïque, maitrise les esprits à l’aide de la propagande diffusée par des médias soumis. Tout comme le clergé à l’époque, elle a des ramifications jusqu’au plus bas niveau et contrôle par la possession administrativesans doute pas loin de 50% de toute l’économie du pays. Elle répand la terreur et promet l’enfer, non pas après la mort comme le clergé, mais immédiatement par le réchauffement climatique qui va direct cramer nos enfants. Voire nous, si nous vivons assez vieux sans nous soumettre.
Ceux qui se sont accaparés et agitent tout le bazar ne laissent aux autres que des miettes.
Les ambitieux qui ne sont pas dans le train commencent à s’énerver. On se croirait en 1788. Et, la population est en grande souffrance.
Cette fois, les choses pourraient se faire en beaucoup moins de deux mois.
Disons 15 jours pour foutre le bordel et raser Bercy. Encore quinze jours pour recopier proprement la déclaration du 26 Août 1789, qui est parfaite et suffisante à notre bonheur. On gagne un mois.
Si on commence le 17 Juin, on peut finir juste avant le 14 Juillet, une date symbolique, non ? La révolution de 2019, pas mal…. Pensez-y…
Bien à vous. H. Dumas