Le gouvernement, à la suite des attentats Charlie Hebdo, a impulsé tout un lot de mesures propres à augmenter la sécurité des citoyens. Les attaques suivantes, culminant en point d’orgue avec celle du Thalys, ont montré la difficulté de les faire appliquer. L’abomination du 13 novembre dernier aura marqué un point final à l’illusion : ces mesures, aussi extraordinaires et efficaces soient-elles, furent clairement insuffisantes à empêcher l’horreur.
Il faut se rendre à l’évidence : les moyens actuels de lutte contre le terrorisme sont vraiment incomplets.
Il semble malheureusement évident que la surveillance généralisée des communications des citoyens ne fonctionne pas non plus. Les terroristes ont peu de chances d’être ainsi identifiés parce que ces petits filous utilisent des techniques de cryptographie ou se fondent dans le flux massif des communications. Pire : nos experts nous indiquent qu’ils communiquent parfois de vive voix, loin des murs indiscrets, des vitres transparents et des hôtels borgnes, sans avoir recours aux réseaux télécom, ce qui enquiquine pas mal les services de renseignements cantonnés à ces réseaux.
Certes, les frappes à des milliers de kilomètres pourraient peut-être affaiblir l’État Islamique, qui a revendiqué les dernières attaques, mais l’Histoire a montré que la guerre contre le terrorisme fonctionnait assez moyennement et avait plutôt pour conséquence de renforcer la menace terroriste plutôt que l’affaiblir. Quant à vitrifier proprement un bon tiers de la planète, si l’option est clairement sur la table des stratèges de bistrot, la dure réalité économique nous oblige à rappeler que nous n’avons tout simplement pas assez de matériel fissile pour y arriver, et que les impacts négatifs (notamment en terme de réchauffement climatique) nous obligent à écarter calmement cette option.
Bref, malgré quelques options intéressantes, des initiatives hardies et une administration au top, il y a encore suffisamment d’obstacles techniques pour que la sécurité des Français ne soit pas encore pleine et entière.
Le citoyen honnête n’ayant par définition rien à cacher, il deviendrait de facto impossible pour quiconque de dissimuler ceintures d’explosifs, armes de gros calibre ou valise de billets.
Proposition impossible ? Et pourtant, observez la réalité et voyez que certains vêtements (voile intégral et bonnets rouges) sont dores et déjà interdits ! L’étape suivante, qui consiste évidemment à les interdire tous, tombe sous le sens, c’est une pure question de logique en plus d’être une évidence en matière de sécurité des citoyens et de sûreté de l’État : après tout, depuis les dernières lois votées, depuis les discours enflammés de nos députés rappelant combien le bien-être collectif et le vivrensemble dépendaient de notre obéissance, on nous a clairement fait comprendre que si nous n’avions rien à nous reprocher, nous n’avions pas à cacher nos correspondances privées, nos boîtes-mail, nos petites conversations sur Facebook et nos tweets parfois privés. Si on doit s’abstenir de toute pudeur pour notre vie privée, pourquoi diable en faudrait-il pour ce qu’il y a dans nos slips ?
En plus, une telle proposition dispose de nombreux avantages : outre un gain de temps très appréciable aux aéroports (et bientôt dans les gares, puisque la vibrante Ségolène Royal propose d’étendre les mesures palpatoires aux trains), elle permet à chacun de mesurer, de visu, l’hygiène et la santé de tous. Enfin, et l’argument pèse son poids en ces temps de symboles forts, tous ces corps nus, dans toute la République, c’est aussi un magnifique pied-de-nez aux intégristes qui fomentent l’opposé du vivrensemble, le vivrenburka. Que dis-je, mieux qu’un pied-de-nez, c’est un véritable acte de résistance !
Pire, cela veut dire que dans ses missions essentielles, il échoue lamentablement. Et les événements récents le confirment.