Car c’est bien d’enfants qu’il s’agit ici si l’on devait juger les politiciens moyens non aux intentions qui les animent et aux discours dont ils nous abreuvent, mais aux actes qu’ils commettent et aux résultats qu’ils obtiennent. Bien sûr, je pourrais ici profiter de cette fin d’année pour passer en revue ses principaux faits saillants et montrer la puérilité de nos hommes et femmes de pouvoir. Mais l’exercice pourrait être assez long, tant cette année n’a pas dérogé à la règle générale d’une habituelle avalanche de billevesées.
Je me contenterai donc, en bon feignant, des derniers faits que l’actualité nous offre dans son foisonnement habituel.
Par exemple, comment ne pas trouver particulièrement puéril le déni compact et obstiné de toute réalité de François Hollande devant les chiffres catastrophiques du chômage ? La semaine écoulée, le président de la République s’est entêté à nier l’évidence, parfaite représentation d’un enfant pris dans la nasse serrée de ses propres mensonges. Pourtant, la réalité est là, indubitable : le chômage continue de croître.


Et on pourrait croire qu’il s’agit d’un jeu de massacre réservé à l’actuelle majorité. Il n’en est rien : les gamineries et la puérilité de la droite sont exactement semblables. On pourrait s’attarder à loisir sur les déchirements ridicules du parti entre Fillon et Copé en début d’année, mais là encore, même en se cantonnant à la semaine passée, il ne faut pas très longtemps pour constater les mêmes défauts, les mêmes façons d’agir à droite qu’à gauche.
Par exemple, la récente affaire qui secoue Aix-en-Provence et qui a conduit la maire, Maryse Joissains-Massini, en garde-à-vue pendant 24h, illustre très bien les délires et autres fariboles consternantes auxquels les élus recourent sans sourciller pour camoufler l’indigence de leur gestion ou les malversations dans lesquelles ils trempent avec décontraction. Tout comme des gamins qui n’hésiteraient pas à invoquer la malencontreuse présence d’extra-terrestres ou une maladie imaginaire pour expliquer leurs absences ou leurs comportements incongrus, malpolis ou délictueux, la maire en appelle aux heures les plus occupées de notre Histoire, sans imaginer une seule seconde que les détournements de fonds et autres bidouillages politiques locaux justifient largement qu’on s’en prenne à elle.

Non, vraiment, les politiciens ne sont pas des adultes : ils ont les comportements d’enfants, les réactions d’enfants, les pulsions d’enfants, la moralité embryonnaire (voire inexistante) des jeunes enfants, et les jeux et les occupations d’enfants. Par leur recherche continue du pouvoir et des honneurs, ils ont besoin de trouver (ou de retrouver) l’admiration qui leur a peut-être manqué lorsqu’ils étaient plus jeunes. De nos jours, rares en effet sont ceux qui sont entrés dans la carrière politique avec le désir sincère d’aider la collectivité et le pays ; chez beaucoup d’entre eux, le militant politique a poussé très vite et très tôt comme un calcul bien compris permettant d’optimiser la quantité de travail avant l’obtention d’une rente dodue et pas trop pénible à percevoir.

Dans le meilleur des cas, les politiciens que nous subissons sont des adulescents, adultes biologiques à la maturité d’enfants à peine pubères dont les tâtonnements psychologiques et moraux se traduisent par des errements aussi coûteux financièrement que socialement. Hollande et sa clique n’échappent bien sûr pas à la règle, eux dont les costumes camouflent très mal leurs lourdes casseroles. Et bien sûr, comme des enfants-rois au pouvoir qui n’ont de compte à rendre à personne, ils n’ont donc absolument rien à faire de la réalité ou des grognements de ceux qui les ont mis là.
Ce constat fait, il en vient naturellement un autre : qui les a mis là, sinon un peuple majoritairement immature ?
Un peuple immature mené par des enfants… Pas de doute, ce pays est foutu.