Malheureusement pour nous, et pour les finances de la République du Bisounoursland, cette incohérence supplémentaire va nous coûter un pont alors même que nous n’en avions absolument ni les moyens, ni besoin. En outre, cette incohérence s’ajoute à d’autres, au moins aussi gênantes, et pour tout dire, probablement aussi coûteuses, dont nos dirigeants n’auront jamais à rendre compte.

Vous n’y croyez pas ? Allons, ne soyons pas naïf ! Lorsqu’un gouvernement choisit, par exemple, d’instaurer des impôts et des ponctions qu’il sait pertinemment contrevenir aux actes européens qu’il a lui même signés, ce n’est pas sur un coup de tête. Ce n’est pas un oubli. Ce n’est pas une coïncidence fâcheuse. Lorsque le gouvernement suivant continue dans la même voie alors qu’il est pourtant largement prévenu que ces ponctions sont illégales et devront être remboursées, ce n’est pas non plus par peur de mal agir. Ce n’est pas par manque de courage. Ce n’est toujours pas un oubli. C’est, dans tous les cas, délibéré, calculé et choisi. Et le jeu en vaut la chandelle, pour les politiciens qui savent qu’ils ne seront jamais confrontés aux conséquences de leurs prises de décisions calamiteuses.

Mais le déluge ne fut pas pour le gouvernement Fillon qui lui aura succédé et a donc décidé, de 2007 à 2012, de continuer sur la même stratégie efficace : ne rien faire. Et même si l’État français sera officiellement condamné en 2009, le fisc continuera de prélever son écot, les contribuables étrangers de payer, et les fonds de se plaindre en déposant 10.000 réclamations, au point qu’il aura fallu mettre en place fin 2010 une procédure de traitement spécifique au tribunal administratif de Montreuil. Pendant ce temps, tout le monde, au gouvernement, s’en foutait.
Et stratégiquement, ils avaient raison puisqu’à présent, c’est le gouvernement Ayrault qui va devoir gérer le contentieux dont le montant total s’établit à plus de 10 milliards d’euros.
Oui, vous avez bien lu : la brochette d’incapables du gouvernement actuel va devoir gérer une ardoise de 10 milliards d’euros laissée par la précédente bande de clowns hydrocéphales.
Rassurez-vous : ni Fillon, ni Ayrault, ni Villepin ne se retrouveront jamais dans une geôle de la République pour avoir laissé une telle somme en souffrance. Ils auront solide retraite, jolis appartements de fonction, garde armée et pages réservées dans notre belle Histoire. Pourtant, il n’y a absolument aucun doute qu’ils sont directement responsables de cette situation.

Mais voilà : la décision initiale était éminemment politique puisqu’il s’agissait surtout d’enquiquiner les Allemands par voie non diplomatique traditionnelle alors que ces derniers montent régulièrement au créneau pour appeler Paris à un peu plus de modération dans les dépenses somptuaires et sociales de l’État français, et ce alors que la crise continue de montrer son visage le plus noir et que l’économie française continue de calancher doucement. À cette décision purement politique a donc succédé une décision de justice qui vient de casser cette interdiction.
On pouvait, bien sûr, s’y attendre. Comme dans le cas des taxes farceuses sur OPCVM étrangers, il semblait acquis que l’interdiction rigolote des Mercedes sur le territoire français ne pourrait pas durer, et que les minables magouilles politiciennes seraient, au final, arrêtées. Tout comme l’autre affaire, celle-ci coûtera à la France en prestige, en TVA, en relation diplomatique. Pour quelques minutes de gloire, nos politiciens ont encore une fois agi n’importe comment, et ne seront, bien sûr, pas tenus pour responsables de la débâcle qui suivra inévitablement.
Comme je le disais en introduction, Hollande aura sa guerre en Syrie. Tout comme l’affaire des OPCVM, tout comme l’affaire des Mercedes, cette guerre n’aura absolument aucun effet bénéfique pour la France. Il n’y aura, de ces décisions, aucun bénéfice à retirer pour la collectivité et ce bien commun dont se gargarisent à longueur de journée les pignoufs de notre petit théâtre politique national.
Bien sûr, le bénéfice politique, immédiat ou de court terme, de ces décisions a, lui, bien été récupéré par ceux qui les prirent. Les effets de bords néfastes, les trous abyssaux dans les finances, eux, seront laissés à la postérité. Et la responsabilité des prébendiers ne sera, elle, jamais évoquée.
Ce pays est foutu.