

Devant ce constat, à l’implacable rigueur scientifique issue de l’utilisation habile de nombres à virgule, d’hypothèse, de scénarios, de conditionnel, de paramétrage, de courbes colorées et de modèles mathématiques (forcément mathématiques), le tout aboutissant à l’un de ces sites web 2.0 colorés, didactiques et choupinets affirmant assez péremptoirement qu’aucun chaton n’a été tué dans sa réalisation (peut-onvraiment en être sûr ?), le lecteur lambda ne peut qu’être affolé à l’idée que son avenir, déjà pas très juteux en termes économiques, soit encore plus sec en termes climatiques. Ce même lecteur, muni de son bon sens légendaire (?), peut alors formuler deux hypothèses. Après tout, il n’y pas de raison que seul le GIEC se lance dans les exercices rigolos de prospectives sur bases fumeuses.
La première hypothèse serait que les prévisions sont, effectivement, correctes. Ce serait une première vraiment remarquable, à plus d’un titre : sur le plan de la durée, longue ici — on parle de plusieurs dizaines d’années — (alors que les prévisions à très long terme ont toutes foiré jusqu’à présent), et sur le plan de notre capacité future d’adaptation, estimée ici et maintenant alors que la futurologie à dix ans semble actuellement des plus risquée. Et puis, question historique de réussite, est-il vraiment utile de revenir sur les 17 années précédentes, que ce même GIEC avaient prévues fort chaudes, et qui se révélèrent … pas chaudes du tout ? Est-on en droit de demander si les « modèles

Non seulement le GIEC peut prévoir le climat à 50 ans alors qu’il s’est magistralement planté à 20 ans pendant 20 ans (!), incapable qu’il fut de voir l’absence de réchauffement sur les 17 dernières années. Non seulement le GIEC peut expliquer pourquoi l’homme est responsable de la situation même si chacune des explications fournies jusqu’à présent nécessite des containers entiers de conditionnels et de paramètres finement ajustés pour obtenir une vague corrélation, depuis les températures jusqu’au taux de CO2, depuis l’impact du soleil jusqu’à celui des courants marins ou aériens. Non seulement le GIEC peut aussi prédire quelles mesures auront un impact et lesquelles sont à prohiber, quelles technologies représentent un avenir et lesquelles sont à proscrire. Mais en plus, le GIEC peut aussi prévoir ce que la société, la technologie et le savoir humains seront dans 70 ans. Et là, le GIEC SAIT qu’on ne pourra pas s’adapter, ou alors, que ce sera « avec beaucoup de mal ». Tremblez, mortels !

L’autre hypothèse serait que le GIEC est, comme le reste des institutions et autres gros bousins administratifs humains, infoutu de voir plus loin qu’à l’horizon du prochain budget dont il dépend. Dans cette hypothèse, le catastrophisme est non pas une conclusion suite à un raisonnement basé sur des faits solides et obtenus par des mesures précises et non contestées (qu’on cherche encore dans leurs rapports mais qu’on ne trouve point), mais bien l’aboutissement d’un raisonnement politique destiné à s’assurer la persistance de fonds et de soutien politique. Et dans cette hypothèse, on explique fort bien le culot assez époustouflant dont font preuve Jouzel et sa clique en essayant de nous faire croire qu’ils sont capables d’apporter des faits solides et argumentés sur ce qui va se passer dans 57 ans, date à laquelle ils savent pertinemment que personne ne leur tiendra rigueur des sottises de leur jeunesse. On n’est plus dans la parfaite cuistrerie ou dans l’ânerie scientifique (pourtant évidente), mais simplement dans l’alarmisme qui sied à l’époque, et qui permet d’assurer un bon retour sur investissement pour le petit groupe de suceurs de subventions publiques.
Et lorsqu’on entend, à la suite de cet exemple magnifique de pignolade pseudo-scientifique à visée prostitutionnelle, que Ségolène Royal veut préparer l’après pétrole, on ne peut qu’affirmer la validité de l’hypothèse d’un bon gros n’importe quoi écologique.


Et l’inclinaison très favorable pour ce rapport d’une politicienne comme Royal, véritable boussole qui a toujours indiqué le Sud avec une obstination et une abnégation presque admirables si elles n’étaient comiques, devrait signaler plus que le reste qu’il faut en finir une fois pour toutes avec les bobards débiles du GIEC. Pire : l’actuelle ministre de l’Écologie veut absolument imposer des bâtiments à « énergie positive », idée consternante qui n’est que l’extension des imbécillités déjà proférées en la matière et qui vient s’ajouter aux contraintes habituelles de la construction, secteur largement sinistré par Duflot, une autre hystérique écologique (et ceci n’est pas une coïncidence).

L’écologie est décidément un domaine trop sérieux pour le laisser dans les mains des politiciens.