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Caroline Domanine

Caroline Domanine

Entrepreneur, coach et trader…

…autodidacte et fière de l'être!

Je pense que chacun peut avoir sa chance s'il est prêt à y mettre le prix. Convaincue du pouvoir que nous avons tous sur notre vie, je me lance avec toujours plus d'énergie et de joie vers de nouveaux défis.

Trader par amour pour la liberté, coach par passion du partage, entrepreneur par besoin de créer; je crois que c'est notre comportement qui sera seul maître de nos performances. Parce que nos compétences techniques ne suffiront  pour gagner, développons nos compétences comportementales avec des questions et des outils simples à mettre en place !

Mon Blog : http://psychotrade.fr/


L’intuition : un facteur de reussite

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Pendant longtemps le débat était clair : l’intuition était défendue par les « mystiques » et le rationnel par les « cartésiens ». Aujourd’hui, la frontière se disloque, donnant aux phénomènes intuitifs une part de plus en plus significative dans le processus de décision.

Mais avant toute chose, qu’est-ce que l’intuition ?

C’est le sentiment, la sensation de savoir quelque chose, tout en ignorant pourquoi et comment.

L’intuition est une petite voix intérieure et inconsciente qui « sait » alors que notre conscience « ignore ». Loin des phénomènes ésotériques, l’intuition trouve sa source dans tout un cheminement cérébral ; qui peu à peu rassemble les différentes écoles de pensées vers une croyance unique : l’intuition existe, est précieuse, et peut se développer de manière quasi infinie. De par sa spécificité, l’intuition est extrêmement utile, voir indispensable au trader, car elle a le formidable avantage d’être rapide, et relativement fiable à condition de la cultiver.

L’intuition se nourrit des perceptions sensorielles et internes. Sensorielles car notre  « œil » de trader (pour ceux qui travaillent en analyse technique) se fait peu à peu, à force de travail. En effet, sans en prendre conscience, chaque jour, nous enregistrons des figures, des scénarios, les conséquences de nos actes ; et forgeons avec le temps nos certitudes aidantes ou limitantes dans nos prises de décisions. Internes, car les informations que nous recevons éveillent en nous des émotions, plus ou moins fortes qui sont autant d’indicateurs précieux.

Souvent, je lis sur le net que le trader doit faire abstraction de ses émotions, et je m’insurge farouchement contre cette idée, à la fois impossible à mettre en pratique et contre-productive. L’émotion est incontrôlable, elle est, c’est tout. Par contre, ce que nous faisons de cette émotion nous appartiens. Le travail sur soi effectué en amont du trade, l’indentification de l’émotion au moment du trade seront des facteurs aidants à une bonne prise de décision.

Prenons un exemple, l’envie de « se refaire » après une perte. Le trader, qui a besoin de se rassurer dans sa capacité à gagner, qui ressent du stress parce qu’il vient de perdre de l’argent, va tenter d’effacer au plus tôt la perte qu’il vient d’essuyer. Comme je le comprends, ce trader frustré, en colère, ou découragé par l’échec ! Nier ces émotions, serait alors de l’ordre du déni, il ne voit, il n’entend rien à ce que lui crient ses émotions, il les enfouie au plus profond et il continue comme si de rien n’était. Sauf qu’il y a un souci, c’est que les émotions sont là, que ça lui plaise ou non ; et que c’est elles qui vont dicter ses points d’entrée et sa gestion de position. Reconnaitre leur présence lui donnera l’intuition qu’il n’est  pas à même de trader. Il n’effacera pas sa perte immédiatement, mais au moins, il ne la creusera pas non plus !

Développer son intuition reviens donc à maximiser notre capacité de perception des évènements de marchés, et notre qualité d’écoute sur nos conditions internes.

La grande majorité des décisions que nous prenons est intuitive (en neurocognitivisme, on pourrait dire « automatiques » ou néolimbiques). Lorsqu’on conduit une voiture, et que nous voyons un feu rouge au loin, on ralentit, on rétrograde sans en faire le choix conscient et réfléchis. On agit par habitude, par automatisme. Nous savons, sans avoir besoin d’analyser. Mais au moment où nous avons appris à conduire, les choses étaient très différentes, lorsque nous voyions un feu au loin, nous avions tout un dialogue interne du type : « bon, il y a un feu, je vais devoir m’arrêter, alors je dois faire quoi, je freine en premier, je rétrograde après ? Ou l’inverse, je ne sais pas …. » Petit à petit, l’expérience aidant, ce dialogue s’est tût ; jusqu’à ne plus avoir à y penser.

En trading, les choses sont un peu différentes. Si en voiture, nous savons avec certitude que l’on doit s’arrêter à un feu rouge ; nos signaux de trading ne nous offrent que des probabilités, plus ou moins grandes d’évolution de prix dans un sens ou l’autre. Une excellente intuition ne pourra donc jamais donner une probabilité de 100%. Et c’est là que les choses se compliquent : où doit-on placer le curseur ? A notre sens, quel pourcentage de probabilité nous permet d’agir sereinement ? 

Notre rapport au risque nous est personnel, et si pour certains, une probabilité de 60% est suffisante pour bien travailler, pour d’autres, il faudra 90%. Là aussi, notre intuition nous guide, car elle fait abstraction des données purement analytiques. Notre intuition sait ce qui est bon pour nous, car elle ne fait pas la distinction entre les perceptions sensorielles (schéma charstique) et les perceptions internes (émotion par rapport au schéma). Elle fait une belle ratatouille avec l’ensemble et donne une décision en fonction de ce mélange improbable. Si, par exemple ; vous avez un blocage pour prendre des positions alors que vous avez confiance en votre stratégie, votre intuition vous informe que vous devez régler un point dans votre perception interne de la situation. Si le schéma est conforme à votre stratégie et que vous ressentez du stress pendant le trade, votre intuition vous informe que vous n’êtes pas dans de bonnes conditions pour trader ou que vous n’avez pas pris en compte un facteur important. Si au contraire, le schéma stratégique est en cours d’invalidation mais que vous êtes parfaitement serein sur l’issue du trade, votre intuition vous informe qu’il y a un facteur externe qui vous réconforte dans votre choix, même si vous ignorez lequel.

Ce n’est pas facile, surtout pour des trader, de faire confiance à une donnée aussi abstraite et impalpable que l’intuition. Elle ne se mesure pas, elle n’offre aucune garantie, ni certitude, et on en revient encore à la notion d’acceptation de l’incertitude comme d’une donnée inhérente à l’activité.

Mais même si l’intuition ne peut avoir aucune obligation de résultat, elle est cependant une composante non négligeable dans l’obligation de moyens et apporte une corde supplémentaire à votre arc.

Développer son intuition, ça se travaille par différents biais qui peuvent globalement se résumer à un seul : l’attention.

Etre attentif à vos graphs, sans jugement ni opinion préconçus, à votre corps grâce aux pratiques méditatives et respiratoires, à votre environnement global en utilisant l’exercice de la multi-sensorialité ; l’attention vous permettra d’étoffer votre base de données et vous ouvrira peu à peu les portes d’une intuition plus fine et plus sûre.
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