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10 000 millionnaires ont quitté la France. La richesse continue de fuir le pays !

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Selon une étude d'un cabinet de conseil sud-africain, 10 000 millionnaires français auraient quitté l'Hexagone en 2015. Cette information, a immédiatement, fait l’effet d’une bombe, car aucun pays dans le monde ne connaitrait un tel niveau d’exode.

L’organisme sud-africain, New World Wealth (NWW), spécialisé dans l'analyse de la croissance mondiale, vient de dévoiler son enquête annuelle portant sur la migration des millionnaires en 2015. 


Quelles révélations peut-on tirer de l’étude ?

Avant toute chose, il important de préciser, que le cabinet sud-africain a qualifié les personnes millionnaires en tenant compte d’un patrimoine estimé à un million d’euros ou plus, hors résidence principale, pour chacun de ces individus. L’étude se penche également sur les pays de travail et de résidences des personnes concernées, ce ne sont pas obligatoirement les juridictions où elles paient leurs impôts.

Sur l’ensemble des pays passés au crible, la France est celui qui a vu partir le plus de millionnaires de son territoire. Ils seraient, au total, 9 000, à avoir pris la poudre d’escampette. La Chine et l’Italie serait également durement touchées par le phénomène, avec respectivement, 9 000 et 6 000 riches migrants répertoriés.

départs millionnaires

Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Ces flux massifs de départ génèrent une vague de nouveaux arrivants au sein de différents pays. Les contribuables aisés français s’envolent principalement à destination du Royaume-Uni, des Etats-Unis, du Canada, de l’Australie ou d’Israël (comme nous le montre ce graphique ci-dessous).

Arrivées millionaires



Comment peut-on expliquer une fuite de capitaux d’une telle envergure ?           

La première raison qui nous vient à l’esprit, est l’aspect fiscal. La pression fiscale est devenue insoutenable en France, et ne risque pas de s’améliorer dans les années qui viennent. Le cabinet Bradley Hackford, spécialisé dans l’optimisation et le changement de résidence fiscale, confirme la tendance. Elle prendrait même de plus en plus d’ampleur. Il y a aujourd’hui une véritable compétitivité fiscale au niveau mondial. Une majorité des riches ont pris conscience de l’injustice que leur infligent certains pays. Pourquoi payer 60% de taxes, alors que l’on pourrait dépenser beaucoup moins ailleurs avec le même patrimoine ?

Les comptes offshores ont fait beaucoup jasé, ces derniers temps, notamment avec l’affaire des Panama Papers. En réalité, l’exil fiscal et les taxes ne sont qu’une partie des raisons, de ce que pourquoi les gens partent. Il existe pleins d’autres motivations qui les animent. Parmi elles, le style de vie, la sécurité, l’éducation, les perspectives économiques, les opportunités professionnelles… Ces éléments sont aussi fondamentaux à leurs yeux !


Des motifs de départ en France, qui sont justifiés de plus en plus par un mal être social, après les problématiques fiscales ! Faut-il s’en alarmer ?

Le cabinet Bradley Hackford corrobore les statistiques de l’étude menée par New World Wealth avec l’évolution de sa clientèle. Même si la plupart des individus s’en vont pour des raisons fiscales, il a constaté que l’aspect social a une importance croissante dans le processus de décision.

Par ailleurs, une autre tendance est à relever. Les millionnaires et les ménages aisés ne sont plus les seuls à reconsidérer leur lieu de vie. Le cabinet note une recrudescence de patrimoine modeste qui renoue avec un type de clientèle d’avantage modeste.

Enfin, Bradley Hackford souligne que de plus en plus de jeunes partent avant même d'avoir fait fortune. On ne peut pas mettre uniquement cela sur le dos de la globalisation de l’économie. Là aussi, pour ces personnes, il y a des facteurs économiques et sociaux qui rentrent en ligne de mire. Cette marée migratoire des jeunes pousses vers l’étranger cachent la réalité d’une situation devenant de plus en plus difficile et préoccupante en France.

On est en droit de s’inquiéter légitimement sur le sort de notre pays. D’autant que les millenials (15-34 ans), représenteront 50% de la population active d’ici 2020. Et avec l'exode récent de tous ces millionnaires, on voit très mal comment les choses pourraient évoluer de façon positive à l’avenir.

William Finck
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