
Henri Dumas
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Libéral convaincu, je tire des expériences de ma vie une philosophie et des propositions.
Le tout sans prétention de vérité.
Mon blog : www.temoignagefiscal.com
Les bons et les méchants
Audience de l'article : 1697 lecturesPar quel bout commencer pour essayer de mettre un peu de cohérence dans ce constat trivial ?
Commençons par l’organisation générale.
Nous serions une société néolibérale. Qu’est-ce ? Peut-être un mélange, à doses variables, des deux uniques organisations sociales possibles, deux sociétés parfaitement répertoriées :
-D’un côté la société libérale, dont les bases ont été jetées par la révolution de 1789, c’est-à-dire la propriété privée pour pilier, le respect et la liberté de l’individu pour concept, un état sous haute surveillance économique pour les activités régaliennes. En résumé le respect des hommes, des choses et des situations, sans l’obligation d’y adhérer.
-De l’autre côté la dictature, quel qu’en soit l’adjectif, de royale jusqu’à « prolétarienne », où l’individu est l’obligé du pouvoir, la propriété privée relative ou inexistante, l’Etat personnalisé ou abstrait étant le centre synergique de tout.
« Tout pour l’Etat, tout par l’Etat, rien en dehors de l’Etat » disait Mussolini. Lénine pensait et agissait de même. Louis XIV aussi. Et bien d’autres…
La dictature, que beaucoup appellent de leurs vœux en la souhaitant éclairée et pour des motifs aussi différents par exemple que l’ordre ou la redistribution, est la société la plus répandue. Cela depuis toujours, tout au long des siècles passés connus.
La société libérale n’est qu’un rêve, très conceptualisé à l’époque des « lumières », qui n’a jamais vraiment vu le jour. Nul ne sait si, dans la pratique, elle pourrait exister.
En effet, le seul fait de se regrouper génère la naissance d’un dictateur plus ou moins éclairé à qui il faudra se soumettre, que l’on peut appeler chef de clan, d’équipe, de famille, de groupe, d’église, de pays…, qui n’en sera pas moins dictateur. Sans lui pas de groupe, éventuellement des foules mais c’est tout.
A vrai dire, le « néolibéralisme » n’existe pas. Pas plus que n’existe la « néodictature ».
L’immensité et la complexité de nos sociétés modernes leur font inclure des sociétés plus réduites qui sont libérales ou dictatoriales, mais qui ont l’obligation de se supporter.
Il n’est pas de société « néo…machin ou truc », mais de vastes groupes incluant des sociétés plus petites qui elles sont typées dictature ou libérale. Donc dictature et libéralisme vivent dans un même temps et en un même lieu.
Problème :
Force est de constater que le libéralisme et la dictature ne sont pas solubles, juste difficilement miscibles, que ces deux états sont présents dans toutes nos sociétés occidentales, que la lutte entre la liberté individuelle et la soumission au groupe est éternelle.
Donc, La France n’est pas un pays néolibéral. C’est un pays incluant des pans d’organisation de type libéral et d’autres de type dictatorial.
On y voit plus clair
Ce que j’appelle « la connerie » est en fait le cumul des « situations incohérentes » qui découlent du mélange non soluble de nos deux organisations sociales.
Non seulement nous sommes obligés de subir la dictature ou le libéralisme du voisin mais, pour la plupart d’entre nous, ces deux fonctionnements s’opposent à l’intérieur de notre propre sphère personnelle.
Ainsi nous pouvons, tour à tour, nous retrouver dépendant ou profitant d’une dictature pour partie, mais aspirant ou profitant dans le même temps d’espaces de vie libérale.
Cette ambiguïté condamne celui qui est attaché à un seul système et propulse dans le désarroi et la souffrance celui qui vit dans les deux, son équilibre moral n’étant pas assuré, loin de là.
Petit exemple personnel d’absurdité
Naturellement libéral, j’ai eu une vie sans dépendance à l’Etat. Au terme je pensais finir, avec un petit capital accumulé, toujours indépendant de l’Etat. Un redressement fiscal irréel, au profit du dictateur Etat, dont je ne suis pas encore arrivé à me débarrasser, risque de liquider mon petit capital. Conclusion, je deviendrai dépendant de l’Etat dictateur qui, si je vis longtemps, va s’exposer à des frais importants pour me prendre en charge après m’avoir ruiné. N’est-ce pas con ?
Tout cela au bout de 18 ans de procédures, dont je ne veux même pas calculer le coût pour les deux parties.
Comme vous le savez, en secouant deux produits miscibles on obtient une émulsion.
Du fait des secousses incessantes entre la partie dictatoriale de notre pays et sa partie libérale nous sommes sous le coup de l’émotion – oups : émulsion –, c’est ce qui nous donne à tous l’air con et qui génère une énorme masse de situations absurdes.
La réalité
Il est loin d’être certain que ces deux types de société soient réellement miscibles, il se peut que l’instant présent ne soit dû qu’à un concours de circonstances.
Les caractéristiques des individus composant ces deux formes de société sont si différentes que leur cohabitation sur une longue durée est peu probable.
Par exemple : comment celui qui est libéral serait-il responsable mais aussi soumis, comment celui qui est soumis accepterait-il dans le même temps d’être responsable ?Ces oppositions se retrouvent à chaque instant, en toute chose, rendant la vie de tous ridicule et insupportable.
Et par-dessus tout ça – on vous donne en étrennes – des leaders qui prétendent soumettre l’une ou l’autre de ces sociétés au profit exclusif d’une seule des deux, celle évidemment qui les arrange.
Théorème :
Libéralisme et dictature sont deux organisations sociales insolubles. Elles sont miscibles. Agitées elles entrent en émulsion, perdent leur transparence, deviennent un ensemble apparemment homogène mais en réalité définitivement hétérogène et instable. L’émulsifiant stabilisateur reste à ce jour inconnu.
Au bout de ce billet, je suis accablé…. par cette découverte.
Bien à vous. H. Dumas