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La grande dérive vers le market timing

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Vous êtes un investisseur sérieux. Vous achetez généralement des actions en ayant un horizon de 3 à 5 ans. Vous tentez de sélectionner des entreprises solides. Vous essayez de les acheter à bon prix. Vous vous méfiez des ratios cours/bénéfices trop élevés. Ces derniers temps, vous n’osez plus acheter quoi que ce soit… Est-ce par manque d’occasions intéressantes en Bourse ? Pas du tout ! Vous croyez tout simplement que le “marché” n’a pas encore atteint son creux !

 

Sans le savoir, vous avez attrapé une maladie très virulente ! Vous êtes infecté par  le virus du “market timing” !!!

 

 

Farce à part, c’est incroyable le nombre d’investisseurs sérieux (et même réputés) qui tentent actuellement de prédire la direction du marché à court terme et de l’économie  à moyen terme. Pourtant, la plupart d’entre-eux n’ont pas prévu le “crash” brutal du marché.  Pourquoi seraient-ils soudainement qualifiés pour prédire l’avenir ? Il y a aussi tous ceux qui sont obsédés par la découverte du “creux absolu des marchés boursiers”.  Pour ces gens, le Saint-Graal de l’investissement semble être de déterminer ce fameux “creux du marché” et d’y investir tout son argent… à moins que… à moins que ce ne soit pas véritablement “le vrai creux” et qu’il soit plus sage d’attendre…

 

 

Selon moi, tous ces gens suivent un chemin qui ne mène nulle part. Aucune légende de l’investissement (Buffett, Fisher, Lynch…) n’a réussi grâce à ses aptitudes à prédire le marché. Ils ont réussi grâce à une compréhension supérieure à l’ensemble du marché des sociétés qu’ils achetaient.  Halluciner sur le “creux des indices” peut être très paralysant. Je crois qu’il faut acheter les titres qui nous semblent attrayants et être capable de vivre avec une chute additionnelle des marchés.

 

 

Il ne faut jamais perdre de vue l’équation risque/rendement. Dans un marché très déprimé, le risque à court terme de perdre 20% est élevé mais la probabilité à moyen terme de gagner 200% est élevée elle aussi. Dans un marché euphorique, c’est le contraire :  la probabilité de faire un 20% rapide est forte (la tendance est à la hausse) mais le risque de perdre une partie importante de son capital à moyen terme est aussi élevé (quand la bulle pète!).

 

 

Alors, chers investisseurs atteints par la maladie du “market timing”, êtes-vous prêts à laisser passer de superbes occasions dans le seul but d’éviter la douleur à court terme d’une hypothétique perte “sur papier” de 20% ? Allez-vous continuer d’attendre un creux pour lequel vous n’aurez, de toute façon, pas le courage d’investir ?

 

 

 

 

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