Guy Wagner
(Accéder à la liste de tous mes articles)
Je suis chief economist à la Banque de Luxembourg.
Dans mon blog, je commente les derniers développements sur les marchés financiers ainsi que mes évaluations sur leur future évolution.
Ces pages s’adressent aux investisseurs dans des fonds et actions avec un certain intérêt pour les marchés boursiers.
Mon parcours
Licencié en Sciences Economiques de l'Université Libre de Bruxelles, je rejoins la Banque de Luxembourg en 1986, où je fus successivement responsable des départements analyse financière et Asset Management. Depuis 2005, je suis administrateur-directeur de BLI - Banque de Luxembourg Investments.
Du tiers-monde aux marchés frontières
Audience de l'article : 1732 lecturesInflation au Brésil
Source : Bloomberg, IBGE
Pendant longtemps, d’un point de vue financier, le Mexique restait associé au terme Tequila Crisis, la simple mention de marché obligataire pour des émetteurs tels que le Brésil, l’Argentine, l’Equateur et même la Pologne nous ramenait aux « Brady Bonds » (1). En 1996, la Pologne n’était encore notée que BB chez S&P alors que la Corée du Sud n’avait qu’un rating de B+ en 1998. Pays du Sud, pays du tiers-monde, pays sous-développés et PMA (2) et peut-être même déjà BRIC (3), sont des termes qui appartiennent désormais au passé. C’est dans les années 1980 que le terme « Emerging Markets » commencera à être utilisé à la Banque Mondiale. Selon les institutions, que ce soit JP Morgan, Morgan Stanley ou encore le FMI, l’exacte composition du groupe diffère.
Dans les années 1990, la Société Financière Internationale introduit la notion de marchés frontières pour identifier une catégorie de pays dont les marchés boursiers sont encore trop petits pour être considérés déjà comme des pays réellement émergents. Plus tard, cette notion de Frontier Markets s’étendra aussi aux marchés obligataires. Ainsi, lancé en décembre 2011, l’indice NEXGEM (4) de JP Morgan inclut une trentaine de pays et présente un rating moyen de B+. La Mongolie (B+), le Vietnam (BB-), la Zambie (B+), la Bolivie (B) ou encore le Sénégal (B) sont autant d’émetteurs qui composent ce nouvel indice utilisé par les gestionnaires obligataires qui entendent cibler des pays encore en amont du processus de développement de leur marché de capitaux. L’indice fournit un historique qui remonte à décembre 2001.
Aujourd’hui, une grande majorité des pays émergents évoqués plus haut sont passés au statut d’émetteurs «Investment Grade ». Il est intéressant de noter que les pays frontières qui bénéficient de ratings équivalents à ceux affichés dans les années 90 par des pays comme le Mexique, le Brésil ou la Corée du Sud, présentent des fondamentaux au moins équivalents si pas meilleurs, pour bon nombre d’entre eux : un taux d’inflation bas pour le type d’économie, des niveaux d’endettement similaires, un solde du compte courant et des déficits budgétaires parfois meilleurs. Par ailleurs, au même titre que pour les pays émergents, l’univers des pays frontières incluent des économies de natures diverses. Nous y retrouvons des pays producteurs et exportateurs de matières premières comme la Mongolie ou le Gabon mais aussi des économies plus diversifiées ou moins axées sur l’exploitation des ressources naturelles à l’instar du Guatemala ou du Vietnam.
Source : Trading Economics
(1) Instruments financiers résultant d’une restructuration élaborés par Nicholas Brady, ancien secrétaire d’Etat au Trésor de Ronald Reagan, dans les années 1980.
(2) Pays les moins avancés
(3) Acronyme désignant les principales puissances économiques parmi les pays émergents à savoir le Brésil, la Russie, la Chine et l’Inde.
(4) Next Generation Market Index
- Les valeurs de qualité sont-elles trop chères ?
- Bref échange sur le Brésil : entre JO et Destitution
- Quelles sont les opportunités dans la gestion obligataire ?
- Investir au Japon - Investissements thématiques dans le contexte de la frénésie Pokémon Go
- Brexit en 10 points
- Déflation : une série (4ème partie)