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L'or - Fiche 22 : Le poids des baby boomers

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La population des pays développés va chuter considérablement au cours des 50 prochaines années alors que celle des pays sous-développés va augmenter radicalement et remodeler le paysage géopolitique. Aux Etats-Unis, en Europe et au Japon, l’augmentation de l’espérance de vie, conjuguée avec l’arrivée des baby boomers à l’âge de la retraite, va causer une augmentation dramatique du ratio retraités/travailleurs et d’énormes problèmes de financement pour la sécurité sociale. Selon la Fed, une majorité de retraités américains dépendent déjà de la sécurité sociale pour les 80% de leur revenu. Cela rend la sécurité sociale politiquement intouchable, peu importe quels dégâts un tel programme infligerait à l’économie. Les soins publics Medicare et Medicaid vont également grimper en flèche. En incluant les coûts de la sécurité sociale et des soins médicaux, la dette totale des Etats-Unis dépasse largement les $50'000 milliards! La solution ? Dévaluer le dollar aussi tranquillement que possible, et par ce moyen faire payer la facture à tous les détenteurs de dollars, dont tous ceux qui achètent des bons du Trésor US pour que l’Amérique puisse continuer à vivre au-dessus de ses moyens. En l’absence d’acheteurs étrangers pour cette dette, tout l’édifice s’écroulerait.

 

Le problème d’une population vieillissante réside également dans le changement des habitudes de vie, qui va se retrouver au niveau des prises de position concernant les nouvelles lois. Pas question pour les baby boomers de perdre leurs acquis. La nouvelle génération pourrait en faire les frais et nous pourrions assister à des frictions entre générations. Le changement des mentalités se retrouvera également au niveau de l’investissement, avec une tendance à la vente des actifs pour les besoins de la retraite, ou à vouloir prendre moins de risques en réduisant la part des actions en portefeuille. Ainsi, notre cycle des valorisations pour les actions, discuté au chapitre 3, pourrait mettre beaucoup plus de temps pour établir son creux. Le cycle baissier, débuté en 2000 sur les actions américaines, pourrait se poursuivre bien au-delà de 2020. Pour ne rien arranger, ces pressions baissières sur le marché des actions pourraient également mettre en mauvaise posture tous les fonds de pension dont les performances dépendent de ce que font la Bourse et l’économie.

 

 

 

 

 

 

Léonard SARTONI

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