Nous vivons actuellement une époque où quelques milliers de personnes possèdent des fortunes personnelles supérieures ou équivalentes à de nombreux pays.
En 2015, officiellement, 1800 milliardaires en USD existent. A titre personnel, je pense que c'est un souci majeur pour le monde cette bulle des milliardaires, les fameux oligarches dont beaucoup se plaignent.
Leur trop grand nombre pose inévitablement l'idée d'une correction dans le futur pour rétablir un équilibre social plus juste. Et la forme de cette correction risque de ne pas être toute rose...

Il faut se méfier de ces chiffres car de nombreuses fortunes sont maquillées à cause de leur origine, drogue, arme, coup d'Etat / dictature, vol... Il est probable qu'il y ait en réalité plus de personnalités fortunées officieusement.
Ces milliardaires sont traquées et analysées par les médias. Ils fascinent les foules comme avant les royautés le faisaient. A croire que les peuples ont besoin de cela, d'idolâtrer ou rejeter des têtes couronnées par l'argent et autrefois par le sang et le pouvoir.
On veut savoir ce "qu'ils" pensent, ce "qu'ils" consomment, où "ils" vivent... et ce dans quoi "ils" investissent.
J'ai fait une recherche sur 10 millliardaires pour trouver la valeur principale, le plus gros pari qu'ils avaient en portefeuille.
L'idée est de constituer un portefeuille basé sur les paris de 10 milliardaires ! Après tout, les milliardaires sont généralement des gens très doués pour l'argent !
Cela peut tout à fait servir de critères de base pour élaborer une stratégie !
1. Warren Buffett - Wells Fargo, 25.6 milliards $

L'histoire d'amour de Warren Buffett pour le titre Wells Fargo perdure maintenant depuis plus de 2 décennies.
Dès le début 1990, avec son fonds, le célèbre Berkshire Hathaway, il avait augmenté sa participation dans Wells Fargo à un peu moins de 10% !
Progression de Berkshire Hathaway

Buffett détenait alors 5 millions d'actions de Wells Fargo pour une valorisation de 289,4 millions $. Au fil des années, il a continué à acheter des titres sans attacher d’importance au niveau des cours tout en restant fidèle à sa philosophie de base. A savoir, que Wells Fargo est l'une des meilleures banques dans le monde dirigée par quelques-unes des éléments les plus performants de l'entreprise.
Buffett affirma « notre seul intérêt est d’acheter des banques bien gérées à des prix équitables »
Mais Warren était aussi un visionnaire car déjà en 1990, il avait anticipé la construction excessive et le développement très rapide de la côte ouest des États-Unis qui avait mené les banques dans une situation difficile. Wells Fargo un des principaux prêteurs immobilier fut touché de plein fouet. Les investisseurs frileux puis paniqués délaissèrent l’action… les craintes d'une catastrophe sur le marché immobilier de la côte ouest ont contribué à une baisse de 50% du prix de l'action de Wells Fargo.
C’est à ce moment que Buffet décida de renforcer sa position. Il déclara aux actionnaires "Nous nous félicitons de la baisse, car il nous a permis d’acheter beaucoup plus d'actions à bas prix".
En 2015, Buffett continue de parier sur Wells Fargo. Au premier trimestre de 2015, il a haussé sa participation dans l'entreprise pour la première fois en deux ans. Berkshire Hathaway aujourd'hui possède 9,5% de l'ensemble des actions de Wells Fargo.
Progression de Wells Fargo

2. Carl Icahn - Icahn Enterprises, 9.8 milliards $

Le richissime raider CARL ICAHN MISE SUR APPLE
Carl Icahn ne lâche pas la pomme. Le milliardaire, qui a bâti sa fortune sur des raids boursiers hostiles, a relancé sa campagne pour qu'Apple accélère ses rachats d'actions afin de soutenir son cours de Bourse.

L’investisseur activiste explique que son équipe croit qu’Apple est sur le point d’entrer et de « dominer » dans deux nouvelles catégories de produits : la télévision l’année prochaine, et le marché automobile d’ici à 2020. Deux secteurs qui représentent un marché combiné de 2.200 milliards de dollars, précise-t-il.
Le financier de 78 ans a par ailleurs accumulé 6,6 % du capital du groupe de médias américain Gannett, éditeur de 82 journaux, dont USA Today, pour 86 millions US. Son objectif est ici encore d'inciter la direction à briser l'entreprise en plusieurs entités (en ce cas, les activités d'impression et celles de télédiffusion) et à les vendre pour générer de la valeur.
LES CINQ PRINCIPAUX PLACEMENTS D'ICAHN ASSOCIATES (EN DOLLARS US) et SA VALORISATION BOURSIERE EN GRAPHIQUE
- Icahn Enterprises (conglomérat) 9,9 milliards
- Apple (ordinateurs et équipement de communication) 5,8 milliards
- CVR Energy (énergie) 2,8 milliards
- EBay (commerce en ligne) 2,6 milliards
- Federal-Mogul Holdings (pièces pour véhicules) 1,8 milliard

Le milliardaire détient près de 90% de la totalité des actions d’Icahn Enterprises. Selon une étude publiée par ValueWalk , IEP aurait un rendement total de 1 485% depuis le 1er Janvier 2000.
3. Ray Dalio - Vanguard Emerging Markets ETF, 4.6 milliards $

Ray Dalio est un homme d’affaires américain fondateur de la firme d’investissement Bridgewater Associates, qui emploie 1200 personnes et gère 122 milliards $ d’actifs. Il est la 69e plus riche personne au monde selon Forbes et la 30e aux États-Unis.
La compagnie a commencé à sonner l’alarme dès le printemps 2007 en ce qui concerne les risques élevés reliés au levier financier dans l’économie. Les portefeuilles des clients de Bridgewater étaient bien positionnés pour faire face à la récession qui a suivi. Dalio a d’ailleurs été consulté par le Secrétaire au Trésor et la Maison Blanche. La newsletter de Bridgewater est notamment lue par Tim Geitner et Barack Obama.
Bridgewater a un portefeuille comprenant en majeure partie 3 ETF.
Le plus important est le Vanguard Emerging Markets ETF (VWO). Cet indice est composé de plus de 900 actions des marchés émergents de pays comme la Chine, Taiwan, l'Inde, le Brésil ou encore l'Afrique du Sud.

4. Bill Ackman - Valeant, 3.9 milliards $

Bill Ackman, le fondateur de Pershing, est devenu à 48 ans, la référence des fonds activistes, le plus audacieux et le plus en réussite de tous. Il réussit mieux que les autres à convaincre les sociétés de mettre en œuvre des changements (gouvernance, structure financière...) créateurs de valeur pour les actionnaires. Après avoir connu une année 2014 exceptionnelle qui a vu son fonds gagner 40%, portant les actifs à près de 18 milliards de dollars, il enregistre une hausse de 5 % au 1er trimestre. En trois ans seulement, ses capitaux gérés ont été multipliés par deux.
Dans sa lettre aux investisseurs pour l’année 2014, le fondateur de Pershing Bill Ackman l’admet : «La forte croissance de notre fonds a modifié notre approche. Nous avons détenu nos investissements moins longtemps, ce qui nécessite un flux continu de nouvelles idées. Dans son dialogue avec les sociétés, Pershing a promu davantage de changements en matière de structure financière (scission..) que de gouvernance ».
Le portefeuille de Pershing est très concentré, avec dix investissements (Air Products and chemicals, Canadian Pacific Railway, Howard Hughes Corporation, Restaurant Brands International, Platform Specialty Products Corporation, Zoetis, Fannie Mae, Freddie Mac …) et une position vendeuse à découvert sur Herbalife.
Pershing a investi plusieurs milliards de dollars au sein du groupe canadien Valeant Pharmaceuticals (graphique ci-dessous), devenant ainsi son cinquième actionnaire. La participation du hedge fund au capital de Valeant s’évalurait 3,9 milliards $ qui représenterait environ 5% du capital.

Début mai, il est allé plus loin en affirmant que Valeant pourrait être la future Berkshire Hathaway.
Ackman avait précédemment tenté de rapprocher Valeant d'Allergan, concepteur du Botox. Cette fois, l'approche d'Ackman sur Valeant pourrait être celle d'un investisseur passif, contrairement à ses habitudes.
5. John Paulson - Shire, 2 milliards $

John Paulson est aussi surnommé "le sultan des subprimes" dans le classement du New York monthly news. Il est le fondateur du hedge fund Paulson and co. Ce trader de génie a su anticiper la crise des subprimes de 2007 et a fait de la vente à découvert intensive avec la majorité de ses hedges funds. Pour certains de ces fonds, il a multiplié leur capital par 2500 % ! Grâce à cette manœuvre, Paulson a remporté 3 milliards de dollars en 2007 et se paye même le luxe aujourd'hui d'employer Alan Greenspan en tant que consultant dans l'un de ses fonds.
Si John Paulson a été connu pour son anticipation et sa spéculation sur l'effondrement des subprimes il a également investi, via ses fonds, dans l'industrie et l'agriculture (3.7 milliards de dollars de bonus en 2007).
En février 2015, par le biais de son fonds Shire rachète l'américain NPS Pharmaceuticals pour 5,2 milliards de dollars, soit 46 dollars par action. Les actions ont ensuite connu une ascension solide de plus de 20% en 2015.

6. Nelson Peltz - DuPont, 1.8 milliard $

Agé de 65 ans, Nelson Peltz a déjà une longue carrière. En tant que père, puisqu'il a dix enfants, mais aussi en tant que financier. C'est d'un investisseur un peu spécial dont il s'agit ici : il a acquis une prédilection pour les groupes agroalimentaires. A la tête de son premier holding, Triangle, son premier coup boursier remonte à 1985 : alors que l'époque des « raiders » bat son plein, il rachète National Can et American Can – spécialistes des cannettes d'aluminium – avant de revendre le tout, trois an plus tard, à Péchiney pour 4,2 milliards de dollars.
Dans les années 90, il rachète le fabricant de jus de fruits Snapple pour 300 millions de dollars, avant de le revendre en 2000, à.... Cadbury Schweppes pour 1,5 milliard de dollars. Depuis cette époque, il n'a jamais cessé de donner dans les valeurs liées, de près ou de loin, à l'alimentation.
En 2002, il a manqué de peu le rachat de Burger King. Mais il n'en reste pas moins présent dans le secteur : Triarc, sa société de portefeuille cotée en Bourse, est l'unique actionnaire d'Arby's, une chaîne possèdant en propre un millier de restaurants auxquels s'ajoutent 2.700 franchises... Autre outil d'investissement de Peltz : Trian Funds, son « hedge fund ».
Il connaît bien les tenants et les aboutissants des entreprises alimentaires. Il sait comment redresser des sociétés à la stratégie mal engagée, et comment en tirer profit. A ce titre, il fait partie des grands noms de l'« activisme actionnarial », qui consiste à identifier avec soin une valeur décotée, négligée par son management comme par ses actionnaires. Puis à s'inviter à son capital, s'y trouver des alliés et faire pression sur la direction de la « belle endormie » pour qu'elle créé de la valeur pour l'actionnaire. Les activistes ont souvent pour habitude de demander des sièges au conseil d'administration. Fut-ce au prix de batailles homériques, comme tel fut le cas pour Heinz, Wendy's...
Entré au capital de DuPont en 2013, Nelson Peltz réclame une scission du conglomérat, avec l'agriculture et la nutrition d'une part et les matériaux industriels d'autre part. A ses yeux, le groupe « détruit de la valeur » car il ne permet pas aux activités à forte croissance (les semences, la nutrition et la santé) de dégager leur plein potentiel. Ellen Kullman alors PDG récuse cette idée et souligne que les synergies entre les différentes activités du groupe sont clef pour sa performance. Elle estime également que l'arrivée de représentants de Nelson Peltz au conseil aurait un impact sur les dépenses en R&D de DuPont et menacerait sa croissance future.

Toutefois, l'investisseur activiste n’a pas jeté l’éponge.
"Nous croyons que nous pouvons faire de DuPont quelque chose de grand," a-t-il dit sur CNBC dans une interview.
"Quels que soient les résultats nous sommes fiers du rôle que nous avons joué car nous nous sentons comme un agent de changement positif."
7. Dan Loeb - Amgen, 1.6 milliard $

Il est le fondateur et directeur général de Third Point LLC , un hedge fund basé à New York, avec un portefeuille de 14 milliards $.
Dan Loeb a commencé à exercer une pression sur Amgen (AMGN) au cours du deuxième trimestre de 2014, avec l'achat d'environ 450.000 actions.
Mais en Décembre, il avait amplifié sa participation si bien qu’à la fin du premier trimestre de 2015, il détient 10 millions d'actions d'Amgen, évaluées à 1,6 milliard $.
Il a qualifié Amgen d’être un «pionnier dans l'industrie de la biotechnologie» et a déclaré que sa sous-performance à long terme par rapport à ses pairs était «surprenante».
En Février 2015, il admet que la société était son plus grand coup gagnant de l'année 2014.
Progression de Amgen

8. Steven Mandel - Priceline, 1.5 milliard $

Lone Pine Capital a été lancé en 1997 par Steven Mandel, ancien directeur et analyste en chef à Tiger Management sur une période de 7 ans. Mandel gère maintenant 8 milliards $ et a engrangé plus de 25% chaque année depuis la création de son fonds.
Il a déclaré : "Nous continuons à trouver de nombreuses autres entreprises remarquables à l'échelle mondiale où nous pouvons investir. Cependant, les valorisations sont tendues, avec des revenus et des flux de trésorerie proche des taux historiques. Si les flux de trésorerie sont comparés aux taux d'intérêt actuels, les cours des actions semblent tout à fait raisonnables. Avec des taux d'intérêt plus «normaux», l’issue serait sûrement différente. Les taux vont bien finir par remonter. Quand ? C’est un grand mystères, mais quand cela se produira ça changera la donne."
Lone Pine est haussier sur Actavis plc, Charter Communications, Constellation Software, Energy Transfer, Endo international, FleetCor Technologies, Inc, Mohawk Industries, TransDigm , Valeant Pharmaceuticals Intl Inc, Pharmaceuticals et Walgreens Bottes Alliance, Fanuc et Vivendi SA.
Elle a tablé début 2015 sur Priceline (PCLN). Un choix gagnant puisque l’action a enregistré une belle hausse.

9. Bruce Berkowitz - AIG, 1,3 milliard $

Bruce Berkowitz est président et directeur du fonds Fairholme Capital Management qui gère un portefeuille de 9 milliards de dollars. Titulaire d'un bac en économie, Bruce Berkowitz poursuit ses études et sort diplômé de l'Université du Massachusetts. Peu de temps après il est consultant en gestion chez Lehman Brothers.
Bruce Berkowitz concentre ses investissements dans un nombre restreint de sociétés. Il pense que plus un portefeuille est diversifié, moins le rendement sera élevé. Cette stratégie d'investissement fait échos à celle de son mentor, Benjamin Graham. Cet économiste du XXème siècle est reconnu comme un des investisseurs les plus doués de la planète. Dans son œuvre phare, "L'investisseur intelligent", il vante les mérites des valeurs "sûres".
Il gère un portefeuille concentré en choisissant seulement des entreprises générant un important cash flow, gérant des actifs solides et étant dirigées par d'excellents gestionnaires. Entre son lancement en 1999 et la fin 2007, Fairholme a généré une rentabilité annuelle moyenne de 17,4%.
Bruce Berkowitz a opté pour des investissements dans le domaine de la santé, du bien-être et des produits pharmaceutiques. United Health Group, Wellpoint, Forest Laboratories, et Pfizer figurent parmi ses premiers choix.
Il réduit de moitié sa participation dans AIG (AIG) au premier trimestre de l'année 2015. Toutefois, la compagnie d'assurance reste en top position dans son portefeuille d'actions.
Dans sa lettre annuelle aux Fairholme Capital Management investisseurs, Berkowitz a appelé AIG pour les féliciter des 25% de hausse du dividende trimestriel et des 3,4 milliards $ du programme de rachat d'actions.
AIG en graphique :

10. Larry Robbins - Monsanto, 1,1 milliard $

Larry Robbins est le fondateur de Glenview Capital Management, c’est un des plus grands gérants de hedge funds au cours des dernières années. En 2014, il a battu à nouveau le marché boursier et la plupart des autres gestionnaires de fonds. Glenview Capital Management a affiché un résultat net de 14,4% en 2014 après la déduction des frais.
Le fonds réalise en moyenne une rentabilité de 25%.
Larry Robbins aime le titre Monsanto (MON). Il a pris participation dans la société à partir du 4e trimestre de 2013 et a depuis constamment augmenté sa participation.
Monsanto ci-dessous :

Samuel Rondot