Vous n'êtes pas membre (devenir membre) ou pas connecté (se connecter)
Genou des alpages

Genou des alpages

Médecin couteau suisse, libéral, libéral d'opinion, en instance d'expatriation. 

Toubib free, en somme.

Tous les commentaires de ce membre (1 publications)

Bonjour. 

En tant que médecin généraliste rural, je me dois de préciser quelques points: 

- Premièrement, le Conseil national de l'ordre des médecins sous estime de manière importante la baisse du nombre de généraliste. Si l'on tient compte des équivalents temps plein de médecins pratiquant réellement la médecine générale, la baisse est de l'ordre de 6 à 7 % SUR LES TROIS DERNIERES ANNEES (source UFML) et plus probablement supérieure à 15 % sur la période 2007 - 2014. 

- Deuxièmement, l'ISNAR IMG identifie probablement mal la cause de la désaffection de la discipline par les jeunes. Certes, la discipline est toujours mal lotie en enseignants, mais beaucoup mieux lotie qu'il y a 20 ans où 60 % des jeunes MG s'installaient dès la première année après leur thèse. 

Certes, les jeunes connaissent peu la médecine dite libérale mais ils la connaissent mieux que les étudiants d'il y a 20 ou 30 ans, quand il n'y avait aucun stage en cabinet. 

La principale cause de la disparition programmée des médecins réside essentiellement dans le niveau indigent des honoraires conventionnels et dans la difficulté à sortir de la convention médicale, captifs que sont les français de la prédation de la sécurité sociale sur leur salaire et du lavage de cerveau à propos du "système-de-santé-que-le-monde-entier-nous-envie". 

La surabondance de règles idiotes et d'encadrements tatillons parachève l'assassinat de la profession. 

La médecine générale actuelle est moribonde. La médecine spécialisée est à peine mieux. 

Le salut ne viendra pas de plus d'enseignants, ni de plus de renseignement sur le statut dit libéral. (plus d'info ferait fuir les derniers fous qui osent encore tenter l'aventure). 

Non, le salut ne peut venir que d'un renouveau du libéralisme médical. Honoraires librement négociés entre médecin et patient, liberté de pratique, liberté d'installation et liberté d'assurance santé... 

En clair, les médecins reviendront quand il sera possible de s'installer hors du système sécurité sociale. 

Quand à moi, je n'ai plus le temps d'attendre. Je dévisse la plaque dans 2 semaines et part travailler à l'étranger.