Alors que la correction a amené les traders à court terme et ceux utilisant des niveaux de marge élevés à se ronger les ongles avec impatience, les investisseurs à long terme sont dans une logique différente à se creuser la tête à la recherche d’actions à des prix attractifs. Vraisemblablement, avec un Dow Jones plus de 10% en-dessous de son niveau historique le plus haut, il pourrait bien y avoir un bon nombre de multinationales au sein de l'indice qui sont à un meilleur prix.
Nous allons utiliser l'une des mesures les plus simples de valorisation, le ratio forward P/E, afin d'examiner brièvement les trois titres les moins chers du DJIA. Avant cela, un petit mot de mise en garde sur le forward P/E. Ce ratio cours / bénéfice prévisionnels n’est pas une mesure parfaite. Bien que le forward P/E permet une rapide comparaison de l'évaluation de la rentabilité, il ne prend pas en compte les futurs taux de croissance. Ainsi, si les ventes d'une entreprise se contractaient, ce ratio ne saurait nous le dire.
Par ailleurs, certains secteurs ont naturellement des forward P/E plus faibles que d'autres. Typiquement, ce ratio est fonction des perspectives de croissance à long terme. En d'autres termes, nous nous attendons à ce que les actions des secteurs de la santé et des technologies aient des forward P/E généralement plus élevés, justement parce que ces secteurs peuvent offrir des perspectives de croissance à long terme plus élevés. Tandis que le secteur bancaire, qui est truffé de valeurs à croissances lentes et stables, tend à trader avec un forward P/E plus bas.
Voici, sans plus tarder, les actions du Dow Jones avec les plus bas forward P/E :
IBM Valuation Measures |
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IBM. Sans doute la valorisation la plus attrayante du DJIA. IBM a un forward P/E autour de 9. Mais, comme nous le faisions remarquer plus haut, ce ratio bas d'IBM s’explique par le fait que sa croissance est stagnante.
IBM est dans un processus de transition, de logiciels d'entreprise âgés à des services dans le cloud, où l'on prévoit que la demande entrainera l’entreprise dans une poursuite de sa croissance tout au long de la décennie. Même si IBM connaît une croissance importante de son activité de cloud, le chiffre d'affaires du cloud d'IBM a augmenté de 70% au cours du deuxième trimestre et génère environ 4,5 milliards de $ par an sur la base de ses résultats extrapolés, cela ne représente qu’une partie relativement petite de ses revenus par rapport à son activité tradtionnelle dans les logiciels. En d'autres termes, sans réduction supplémentaires des coûts, il apparait difficile pour IBM d'accroître ses bénéfices par action au cours des deux prochaines années.
D’un autre côté, IBM a Warren Buffett dans son giron. Buffett Berkshire Hathaway possède près de 80 millions d'actions IBM, soit 8,22%. Buffett a un talent pour dénicher des entreprises qui affichent des valorisations attrayantes, versent un joli dividende, et qui sont des vaches à lait en cash flow. Dans le cas d'IBM, la société a généré au moins 12,7 milliards $ de cash flow disponible au cours des sept dernières années, et elle est dans le peloton de tête sur le marché avec un taux de dividende de 3,6%.
Certes, on ne s’attend pas à un renversement spectaculaire des cours d'IBM de sitôt. Cependant, il y a peut-être une valeur à long terme à jouer si vous restez patient. IBM a accompli plusieurs revirements auparavant et il peut sans doute le faire une fois de plus.
Goldman Sachs Valuation Measures |
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Goldman Sachs. La banque d'investissement talonne IBM en termes de valorisation, avec un forward P/E de seulement 9,2. De quoi souffre donc Goldman Sachs ?
Premièrement, Goldman Sachs s’en tirait plutôt très bien jusqu'à la récente correction, ce qui implique que les émotions - plutôt que les fondamentaux - ont été la force motrice poussant le cours de Goldman vers le bas. Peut-être que le seul point négatif qui ait de la cohérence lors des derniers trimestres, est la diminution des revenu fixes, les devises, les revenus des produits de base (c’est-à-dire ses activités de FICC), ainsi que des revenus de négociation tirés des portefeuilles plus faibles. Goldman Sachs continue de s’accrocher à son activité de trading, mais cela a clairement été un frein lors des derniers trimestres.
Il semble pourtant y avoir beaucoup d’amateurs de Goldman Sachs. Au cours du premier semestre 2015, Goldman s’est classé n°1 dans les fusions et acquisitions réalisées, et il existe peu de doute de voir un déclin des fusions-acquisitions dans la seconde moitié de l'année, avec des valorisations en baisse, et certaines sociétés détenant un véritable corne d’abondance niveau trésorerie.
Goldman est également à un prix raisonnable par rapport à sa valeur comptable nette (VCN). Basé sur une VNC de 160,11 $ à la fin de second trimestre, le rapport cours/VCN de Goldman est d'environ 1,15 - soit 40% d’écart par rapport à l'endroit où il se situait avant l'effondrement du marché en 2007. Cela ne veut pas pour autant dire que Goldman mérite un premium de valorisation, d’accord, mais que l’attente raisonnable pourrait se situer quelque part entre les deux.
JPMorgan Chase Valuation Measures |
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JPMorgan Chase. Enfin, le géant bancaire US JPMorgan Chase offre aux investisseurs l'un des un forward P/E les plus bas du Dow Jones, à 9,7. Bien sûr, les banques se développent historiquement à un rythme plus lent que la plupart des autres secteurs. Un élément qui pourrait en partie expliquer son ratio sous les 10.
Peut-être que la plus grande crainte du secteur bancaire à l'heure actuelle est la peur d'un ralentissement mondial. Récemment, les mauvais chiffres des indicateurs industrielles chinois ont laissé la deuxième économie au monde perplexe face aux mesures à prendre afin de rallumer la croissance économique.
En outre, JPMorgan et d'autres banques américaines ont piaffé d’impatience dans l'attente d'une hausse hypothétique des taux par la Réserve fédérale. Des taux d'intérêt plus élevés devraient être un facteur positif pour les banques, car cela va augmenter leurs revenus basée sur les intérêts. Du coup, plus la Fed attend, plus les actions des banque continueront à subir la pression des traders à court terme inquiets et fébriles.
Est-ce que JPMorgan Chase est un titre qui doit retenir votre attention ? Si votre horizon de placement est à long terme, alors il n’y a pas de raison d’y regarder d’un peu plus près. Au cours du dernier trimestre, JPMorgan a annoncé une augmentation de 12% des prêts de base en donnée annualisée, une croissance de 9% des dépôts de particulier et d’entreprises, et une réduction de 931 millions de $ en frais autres que d'intérêts (soit 6%) toujours en donnée annualisée. Avec les attentes d'une hausse des taux dans un futur à moyen terme, alors que JPMorgan réduit ses branches et encourage la baisse de ses coûts, tout en développant une plate-forme mobile plus ergonomique, il pourrait finalement y avoir de quoi réfléchir.
Abréviations des tableaux :
K = Thousands; M = Millions; B = Billions
mrq = Most Recent Quarter (as of Jun 30, 2015)
ttm = Trailing Twelve Months (as of Jun 30, 2015)
yoy = Year Over Year (as of Jun 30, 2015)
lfy = Last Fiscal Year (as of Dec 31, 2014)
fye = Fiscal Year Ending