
L’ampleur et le contexte liés à cette chute commence à attirer des plus en plus d’acheteurs spéculatifs. Ceux qui sont sceptiques quant à l'achat d'actions lors dans un scandale devraient jeter un œil à Volkswagen.
Mitsubishi a été plongé au cœur de la tourmente cette semaine après avoir révélé qu'elle avait surestimé les normes de consommation de carburant sur environ 625 000 de ses véhicules. Les enquêteurs du ministère des transports japonais ont ouvert une action juridique contre la deuxième plus grande usine du pays mercredi.
Ces nouvelles ont provoqué une panique sur les marchés boursiers japonais. Les actionnaires se sont précipités pour se débarrasser de leurs actions, sans faire attention au prix.
Une tsunami sell-of s’est produit et a submergé les places financières. Une bonne partie de la journée de mercredi, il n’y avait aucun trade réalisé sur le titre.
Aucun expert Mitsubishi ne désire se prononcer en ce moment. Car la situation est plus que chaotique. Mais un tel contexte est le réel feu vert d’un marché acheteur. Avec autant d’investisseurs paniqués qui essayent de sortir de position aussi vite que possible, un acheteur peut fixé d’avantage son propre prix. Les intermédiaires financiers et fiduciaires ne sont pas incités à acheter dans cette situation, et ont intérêt à vendre coûte que coûte.
L’action Mitsubishi s’est effondrée de près d’un tiers de sa valeur, passant de 870 yens à 583 yens, en l’espace de deux jours.

Selon des analystes, la capitalisation de l’entreprise aurait chuté de 7.8 milliards $ à 5.2 milliards $.
Reuters, rajoute que la descente aux enfers pour la société ne s’arrête pas là. Mitsubishi aurait réduit son cash-flow annuel moyen d’environ 1.8 milliards $ au cours des trois dernières années.
Le point positif vient du bilan financier de la société. Mitsubishi n’a pas de dette. Elle dispose de près de 2,2 milliards $ d’excédent, qu’elle peut utiliser à court terme ou a long terme. De ce fait, la valorisation nette de l’entreprise se serait effondrée de 5.6 milliards $ à environ 3 milliards $.
Mitsubishi a réalisé un milliard $ de bénéfice brut sur 5 milliards $ de revenus générés lors de son dernier exercice.
Akira Kishimoto, un analyste de chez J.P. Morgan, a déclaré que le scandale pourrait finir par coûter à Mitsubishi 450 millions $ ! Tout cela si l’on prend en compte les rappels, les remplacements, l'indemnisation, la perte clientèle. La baisse de la valeur réelle de l'entreprise pourrait être 5 fois plus importante dans ce cas là. Cette perte de 2.5 milliards $ représenterait un montant de l’ordre de 4 000 $ pour chaque voiture touchée. Avec un coût de l’essence situé à 3.60 $ au Japon, l’entreprise pourrait offrir à chacun de ses clients près 1 100 gallons de ristourne comme dédommagement.
Pour les sceptiques, Volkswagen a été frappé par un scandale similaire sur les normes d'émissions en septembre dernier. Hier, elle a conclu un accord avec le ministère de la Justice des Etats-Unis pour réparer ou remplacer les voitures touchées. Après la panique initiale, l’action VW a fortement rebondi. Depuis la fin septembre, elle génère des rendements d'environ 20%, bien supérieurs à ceux de ses concurrents.