Nous sommes loin du cliché. Pas de terrain vague, ni de carcasses de voitures empilées les unes sur les autres. Derrière le grand bâtiment dont la devanture rappelle celle d'un magasin, le vaste espace où s'alignent les véhicules en attente de démontage ressemble davantage au parking d'une grande surface qu'à une casse automobile. Situé en pleine zone industrielle dans la banlieue de Dunkerque, le site Caréco Cap Nord, avec son comptoir de ventes de pièces détachées d'occasion et son atelier de réparation, se veut la vitrine d'une activité en plein renouveau. Phares, ailes, capots, gentes, alternateurs ou encore moteurs complets, tout est ici étiqueté, photographié, répertorié… et surtout vendu environ un tiers du prix du neuf. Chaque pièce d'occasion proposée à la vente affiche son pedigree complet grâce à un système qui permet de visionner jusqu'au véhicule exact sur lequel elle a été prélevée. «Nous avons mis en place beaucoup d'innovations inspirées de ce que nous avons vu chez nos homologues étrangers, suédois, allemand, ou encore canadien, très en pointe sur le réemploi (NDLR: occasion remis à neuf) des pièces automobiles», explique François Meesemaecker, directeur du site.

Mais face à la Suède notamment, où l'utilisation de pièces de réemploi est obligatoire pour les réparations, la France est encore à la traîne. Depuis 2009 pourtant, un arrêté autorise dans l'Hexagone la réparation avec des pièces d'occasion quand le montant de la réparation est supérieur à celle du véhicule. «Un particulier peut aujourd'hui exiger de son garagiste qu'il installe des pièces de réemploi», affirme le directeur de Caréco. Une grosse partie de la clientèle du réseau est d'ailleurs aujourd'hui composée de professionnels.
«Nous pâtissons d'une mauvaise image. Il y a un a priori sur les casseurs et les pièces d'occasion maquillées», regrette Jean-Pierre Labonne qui explique que toutes les pièces mises en vente dans son réseau sont contrôlées, et qu'il s'agit la plupart du temps de pièces de la marque du constructeur. Les stocks sont aussi très régulièrement renouvelés puisque les pièces ne sont plus proposées à la vente six mois après leur prélèvement sur un véhicule.

Thibault Doidy de Kerguelen‘s insight:
De la paupérisation…
Les pays dynamiques et en développement se vantent d’être les plus gros consommateurs de voitures du segment « haut de gamme », nous, en France, on croit revivre la belle époque de l’occupation, lorsque les actualités cinématographiques vantaient « la p’tite reine » et les vélos taxis (qui sont réapparus à Paris), la « récup » (comme dans cet article), le « système D » et l’ersatz de café (comme nous avons pu lire récemment pour le cacao…).
Je serais de mauvaise foi, je dirais que depuis que les Chinois ont découvert le capitalisme, ils roulent en AUDI et que depuis que la France s’est mise au socialisme, elle roule à bicyclette… Mais ce serait exagéré, n’est ce pas?